Les travailleurs de la société minière AGB2A-GIC ont célébré samedi, dans une ambiance à la fois solennelle et festive, la fête du Nouvel An à Boffa, en présence des autorités administratives, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des communautés locales. Une cérémonie hautement symbolique, marquée par des discours forts, des gestes de reconnaissance et des prestations artistiques de grande qualité.

L’événement a enregistré la présence remarquée du préfet de Boffa, le colonel Mamadou Ciré Bah, et du préfet de Fria, le colonel Kalissa, deux localités où la société mène ses activités minières. À leurs côtés figuraient plusieurs autorités locales, notamment celles de Tormelin et de Lissô, témoignant de l’ancrage communautaire de l’entreprise.

Les partenaires de la société étaient également à l’honneur, en particulier SINOHYDRO, représenté par son directeur Afrique de l’Ouest , monsieur Mou, à qui les travailleurs ont offert un tableau portrait en guise de reconnaissance pour son engagement constant aux côtés d’AGB2A-GIC. Un autre cadeau symbolique a été remis à l’Administrateur général de la société par les employés, traduisant la reconnaissance du personnel pour son leadership durant une période éprouvante.
Prenant la parole au nom de la Direction des Ressources humaines, Babadi Cissé, responsable du personnel basé à Boffa, est revenu sur les moments difficiles traversés par l’entreprise en 2025, notamment le retrait du permis et l’arrêt des travaux depuis le mois de mai.
Il a salué la discipline, le calme et le sens de responsabilité des travailleurs, restés mobilisés malgré l’incertitude, avant de souligner que la signature d’un accord avec les autorités compétentes ouvre désormais la voie à une reprise progressive des activités. Une reprise qui, selon lui, devra se faire dans la rigueur, le respect des règles, la sécurité et un engagement professionnel exemplaire.
De son côté, le secrétaire général de la délégation syndicale d’AGB2A-GIC, Ansoumane Barry, a livré un discours de reconnaissance. Il a mis en avant le fait que, malgré la traversée du désert, aucun avantage social n’a été supprimé, aucun salarié mis en congé technique, aucun salaire réduit, et toutes les primes ont été payées dans les délais.
« Les intérêts de la Guinée sont supérieurs aux intérêts de AGB2A-GIC », a-t-il rappelé, tout en réaffirmant l’engagement du syndicat à faire passer les intérêts de l’entreprise avant tout autre intérêt, appelant les travailleurs à la conscience professionnelle, au travail bien fait et au respect de la hiérarchie.
Moment fort de la cérémonie, le discours de l’Administrateur général, Ahmed Kanté, très applaudi par les travailleurs fortement mobilisés. Revenant sur la crise de mai 2025, il a expliqué que le retrait des permis avait concerné plusieurs sociétés, et non uniquement AGB2A-GIC.
Il a insisté sur le choix stratégique de la résilience et de la responsabilité, privilégiant la stabilité du pays et l’accompagnement des grandes réformes nationales, notamment la nouvelle Constitution et l’élection présidentielle.
Grâce à l’appui de l’État, sur instruction du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, et au soutien décisif du partenaire SINOHYDRO, un accord transactionnel a été trouvé. « Nous changeons de statut : nous ne serons plus de simples prestataires, mais une société minière de plein droit », a annoncé Ahmed Kanté, sous les ovations.
La cérémonie a été magnifiée par des prestations artistiques exceptionnelles, avec la participation de la légende Sékou Bembeya, de Kandia Kora, Fodé Kouyaté, Sheba Queen et du comédien Kougouri, offrant aux travailleurs et invités un moment de communion culturelle et festive.
Au-delà de la célébration du Nouvel An, cette rencontre a marqué un tournant décisif pour AGB2A-GIC, entre reconnaissance du chemin parcouru, hommage à la résilience collective et projection vers une reprise responsable et durable des activités.
Un message clair s’est dégagé à Boffa : l’entreprise est prête à écrire une nouvelle page de son histoire, avec ses travailleurs, ses partenaires, les autorités et les communautés locales.
Marie Camara
