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Déclaration de biens en Guinée : l’AGT dénonce un « recul » dans la Constitution de 2025 et exige un…

La question de la déclaration des biens refait surface dans le débat public en Guinée. Portée par l’Association guinéenne pour la transparence (AGT), cette problématique suscite de vives critiques à l’encontre de la nouvelle Constitution adoptée en 2025, jugée moins ambitieuse que les textes fondamentaux précédents en matière de lutte contre la corruption.

Dans une déclaration remarquée, l’AGT pointe du doigt un rétrécissement significatif du champ des personnes assujetties à la déclaration de patrimoine. Alors que les constitutions de 2010 et de 2020, aujourd’hui dissoutes, imposaient cette obligation à un large éventail de hauts responsables, la nouvelle loi fondamentale ne la réserve plus qu’au seul président de la République et au Premier ministre.

Les critiques portent sur la comparaison avec les textes antérieurs. Dans les constitutions de 2010 et 2020, l’obligation de déclaration de biens concernait, outre le chef de l’État et le chef du gouvernement :

· Le président de l’Assemblée nationale ;

· Les premiers responsables des institutions républicaines ;

· Les membres du gouvernement ;

· Et les responsables des régies financières de l’État.

En revanche, la Constitution de 2025 a drastiquement réduit cette liste, qui ne fait obligation que pour les deux plus hautes personnalités de l’exécutif. Une situation que l’AGT qualifie de « recul incompréhensible et insaisissable » dans la lutte contre la corruption.

« On n’est pas d’accord que seuls le président de la République et le Premier ministre soient assujettis à la déclaration de biens », a martelé Mamadou Taran Diallo, président d’honneur de l’AGT et ancien ministre. « Si on ne va pas au-delà des constitutions de 2010 et 2020, il faut que les présidents des institutions républicaines, les membres du gouvernement et les responsables des régies financières de l’État soient également soumis à cette obligation. »

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Pourtant, le président de la République , Mamadi Doumbouya, s’est déjà prêté à cet exercice le 26 janvier dernier, donnant l’exemple. Malgré cela, l’Association guinéenne pour la transparence estime que l’engagement individuel ne saurait remplacer un cadre légal solide. Elle « recommande indispensablement et urgemment de renforcer ce devoir du président de la République pour combler et rattraper ce recule et ouvrir davantage l’opacité des déclarations à publier ».

Mais comment modifier une Constitution déjà adoptée par référendum ? Pour Mamadou Taran Diallo, la solution existe et repose sur l’expertise nationale. Il lance un appel aux juristes et constitutionnalistes guinéens pour trouver une voie légale permettant d’élargir le cercle des déclarants.

« Quand on parlait de cette constitution, beaucoup étaient tournés sur l’accession au pouvoir et les élections. Or, ces questions de gouvernance sont primordiales », a-t-il rappelé au micro de Siaminfos.com. « Tournons-nous vers les juristes pour leur dire qu’il y a un recul. Il faut revenir sur ce point, pour notre visibilité nationale et internationale. »

Pour l’AGT, l’élargissement de l’obligation de déclaration de patrimoine est un gage de transparence et un signal fort envoyé aux partenaires internationaux, indispensable pour crédibiliser la lutte contre la corruption en Guinée.

Cheick Fantamadi pour Siaminfos.com

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