Sélectionné pour vous :  Sortie "polémique" de Sidya Touré : "C'est une peine perdue d'avance", dixit Fodé Baldé

Mystérieux grondements souterrains à Sillorbhè (Popodara) : une mission préfectorale sur le terrain pour rassurer

Depuis plusieurs jours, la quiétude des habitants du district de Sillorbhè, situé dans la commune rurale de Popodara (préfecture de Labé), est troublée par d’inquiétants grondements souterrains. Face à la psychose grandissante, une mission conjointe des autorités préfectorales s’est rendue sur place pour tenter de percer ce mystère géologique et apaiser les esprits.

Ce sont des bruits sourds et étranges, comparables à des coups de marteau frappés contre un mur, qui ont réveillé ou inquiété de nombreux citoyens du secteur Belly Sillorbhè depuis le début du mois de mars. Le phénomène a pris une telle ampleur que les autorités locales ont jugé urgent d’agir.

C’est ainsi que ce mardi 10 mars 2026, une délégation conduite par le préfet de Labé, le contrôleur général de police Mohamed Cheick Keïta, et composée des services préfectoraux de l’environnement, des mines ainsi que des agents de sécurité, s’est rendue dans le district.

Interrogé ce mercredi 11 mars 2026, Thierno Souleymane Sintaly Bah, directeur préfectoral des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de Labé, est revenu sur les objectifs et les premières conclusions de cette visite de terrain.

« Nous avons reçu un courrier des autorités sous-préfectorales de Popodara rapportant que des citoyens de Belly Sillorbhè entendent des bruits étranges. C’est comme si vous vous serviez d’un marteau pour taper les murs, et certains bruits proviennent de la terre. Hier, en compagnie du préfet, nous avons décidé de nous rendre sur place », a-t-il expliqué.

Sur place, la mission a écouté attentivement les témoignages des riverains. « Certains ont soutenu qu’ils ont commencé à entendre ces bruits depuis le mardi 2 mars 2026 aux environs de 2 heures du matin », précise le directeur.

L’enquête préliminaire s’est orientée vers des causes géologiques plausibles. « Nous leur avons posé la question de savoir s’il n’y a pas la présence de grottes dans cette localité, des falaises, ou même une prolifération de forages. Ils ont confirmé la présence de grottes et de forages », a ajouté M. Bah.

Afin d’obtenir des réponses scientifiques, l’équipe a procédé à un relevé des coordonnées géographiques de la zone. Ces données seront transmises au Centre national de la géophysique et de la sismologie. « Ils pourront savoir, par le biais d’études, si ce district n’est pas traversé par des grottes », a-t-il précisé, laissant la porte ouverte à l’hypothèse de phénomènes karstiques.

Sélectionné pour vous :  Babara Fofana de l'UFR tresse des lauriers au CNRD: "Grâce aux militaires, nous avons oublié le régime d’Alpha Condé"

Parallèlement à ces investigations scientifiques, la mission a également été saisie d’une dimension plus mystique et traditionnelle par les sages de la localité. Ces derniers ont établi un lien entre les grondements et la destruction d’un arbre sacré.

« Des sages nous ont fait part de la présence d’un Kouratier sur les lieux. C’est là que les imams faisaient des prières et des invocations avant d’aller au djihad pour l’implantation de l’islam. Ce Kouratier a été submergé par un autre arbre et, finalement, les citoyens ont coupé le Kouratier pour s’en servir dans le district », a raconté le directeur préfectoral des mines.

Selon les notables, cette coupe serait à l’origine de malheurs. « Le sage nous a dit que certains se sont blessés en voulant couper les branches de ce Kouratier. Même avant-hier, il y a une vieille dame qui a proposé l’organisation d’un sacrifice sur les lieux et un reboisement. Le Kouratier a presque disparu mais vous verrez une fine partie de l’arbre qui est toujours là », a-t-il ajouté.

Cette version des faits, bien que relevant de croyances ancestrales, a été entendue par les autorités. La vieille dame a notamment proposé d’organiser un sacrifice et de procéder au reboisement du site pour apaiser les esprits et, espère-t-on, faire cesser les bruits.

Pour l’heure, les populations de Sillorbhè restent dans l’expectative, partagées entre l’attente des résultats des études géophysiques et la promesse de sacrifices traditionnels. La mission préfectorale, elle, a rempli son premier objectif : écouter et rassurer.

Les prochains jours seront décisifs. Si les données envoyées au centre national de géophysique permettent d’identifier un réseau de grottes souterraines, le mystère des grondements trouvera une explication rationnelle. Dans le cas contraire, le mystère de Sillorbhè pourrait bien rester entier, alimentant les légendes locales autour de ce Kouratier centenaire.

Labé Bachir Diallo pour siaminfos.com

Laisser une réponse
Share to...