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Ouverture des audiences criminelles à Kankan : huit dossiers graves, dont viols et meurtres inscrits au rôle

Le tribunal de première instance de Kankan, exceptionnellement délocalisé à la cour d’appel, a procédé, ce mardi 20 janvier 2026, à l’ouverture solennelle des audiences criminelles. La cérémonie s’est tenue en présence des autorités administratives, militaires et judiciaires de la région, dans un contexte marqué par une forte attente de l’opinion publique.

Pour cette session, huit (8) dossiers ont été inscrits au rôle. Ils concernent cinq (5) affaires de viol, un (1) cas de vol à main armée, un (1) dossier de meurtre ainsi qu’une (1) affaire d’association de malfaiteurs et vol à main armée. Des faits d’une extrême gravité qui, selon le parquet, ont sérieusement ébranlé la quiétude sociale à Kankan et provoqué une vive indignation au niveau local et national.

Dans son allocution, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keita, a insisté sur la portée des dossiers soumis à l’appréciation de la cour : « Au cours de la présente session criminelle, huit dossiers seront examinés par des professionnels du droit. Ils portent sur des agissements particulièrement graves : meurtre, amputations de mains jusqu’au poignet à l’aide d’armes blanches, vols à main armée, associations de malfaiteurs, viols sur mineures, menaces de mort et plusieurs infractions connexes. L’objectif est clair : empêcher la répétition de tels actes, car l’impunité favorise la récidive », a-t-il déclaré.

Le magistrat a par ailleurs rappelé l’émoi suscité par ces affaires, amplifié par la circulation rapide de l’information sur les réseaux sociaux. Il a toutefois tenu à souligner un principe fondamental de l’État de droit : la présomption d’innocence. « Les accusés, régulièrement renvoyés par ordonnance des juges d’instruction après une instruction menée à charge et à décharge, comparaissent libres et sont présumés innocents. Nul ne peut être déclaré coupable tant que sa culpabilité n’a pas été légalement établie », a-t-il précisé, en se référant aux conventions internationales et au Code de procédure pénale.

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De son côté, le premier président du tribunal de première instance de Kankan, Mamadou Saliou Diakité, a indiqué que cette session s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre de la politique pénale du gouvernement : « La session criminelle qui s’ouvre ce 20 janvier 2026 examinera plus de vingt (20) dossiers criminels, dont huit (08) inscrits au rôle. Elle s’inscrit dans le cadre de la politique pénale du gouvernement, conformément à la nouvelle Constitution du 26 septembre 2025 et à la loi n°2016/060/AN portant Code de procédure pénale, notamment en ses articles 379, 380 et suivants », a-t-il expliqué.

Selon lui, la Guinée est désormais engagée dans une lutte résolue contre la criminalité, le grand banditisme et la délinquance économique et financière, tout en garantissant le respect des droits humains et des textes en vigueur. « Notre pays a soif de justice. Je rassure la population que, tout au long de ces audiences criminelles, le droit sera dit, rien que le droit : aucun innocent ne sera condamné, aucun coupable ne sera acquitté », a-t-il martelé, avant de déclarer officiellement ouvertes les audiences criminelles.

Ces audiences devraient permettre de faire toute la lumière sur des affaires criminelles majeures et contribuer à renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.

Kankan, Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com.

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