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Mandiana : un jeune orpailleur s’automutile le sexe et échappe de justesse au pire

Un drame bouleversant s’est produit le vendredi 7 février 2026 à Koromadou, une zone minière de la sous-préfecture de Kodiaran, située à environ 80 kilomètres de Kankan. Mamadi Kourouma, un jeune orpailleur disant ne plus supporter la précarité de ses conditions de vie, s’est sectionné l’appareil génital à l’aide d’un ciseau, dans sa chambre.

Évacué d’urgence au service d’urologie de l’hôpital régional de Kankan, il a été admis dans un état critique en raison d’une importante hémorragie. L’équipe médicale est parvenue à stabiliser son état après une intervention chirurgicale réalisée en urgence. Si son pronostic vital n’est désormais plus engagé, les spécialistes restent prudents quant aux séquelles fonctionnelles.

Le Dr Ansoumane Sidibé, chef du service d’urologie, a expliqué les circonstances de la prise en charge « Nous avons reçu le patient le 7 février pour une automutilation génitale complète. Le sexe avait été totalement amputé. Le moignon avait été apporté par ses parents. Nous l’avons conservé dans du sérum salé avant de conduire immédiatement le patient au bloc opératoire, car il saignait abondamment. Nous avons pratiqué une plastie pénienne afin de préserver le maximum de fonctions. Aujourd’hui, son pronostic vital n’est plus engagé. »

Concernant une éventuelle reprise de la vie sexuelle, le spécialiste se montre réservé. « Il existe ce que nous appelons la règle des six heures. Au-delà de ce délai, le risque de nécrose devient très élevé, même après une réparation chirurgicale. Lorsque la prise en charge intervient avant six heures, les chances de récupération peuvent atteindre 90 %. Dans ce cas précis, le délai était dépassé », a-t-il précisé.

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Quelques jours après l’opération, le jeune homme peut se déplacer dans les couloirs du service. Assis dans sa chambre, visiblement éprouvé, il mesure désormais la gravité de son geste et s’inquiète des conséquences irréversibles.

Ce drame met une nouvelle fois en lumière la détresse psychologique qui frappe certains jeunes dans les zones aurifères, où précarité, pression sociale et isolement peuvent conduire à des actes extrêmes.

Mohamed Aly Keita

 

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