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Kankan: témoignage glaçant du jeune orpailleur qui s’est sectionné l’appareil génital

Quelques jours après le drame survenu à Koromadou, dans la sous-préfecture de Kodiaran (préfecture de Mandiana), le jeune orpailleur qui s’est sectionné l’appareil génital a accepté de livrer son témoignage. C’est depuis son lit au service d’urologie de l’hôpital régional de Kankan qu’il s’est confié ce lundi 16 février 2026, revenant sur les circonstances d’un acte qui a profondément ému l’opinion publique.

La voix hésitante, entouré du médecin en charge de son suivi et de ses parents, il peine à expliquer son geste. « Je suis le seul fils de ma maman. Je viens de Sierra Leone. Je vis chez mon frère à Kodiaran. Moi-même, je ne sais pas ce qui m’est arrivé ce jour-là. C’est quand j’ai vu les gens venir vers moi que j’ai compris que j’avais fait quelque chose de mal », raconte-t-il, le regard dans le vide.

Le jeune homme évoque une période de profond mal-être ayant précédé le drame. « Avant ce jour, j’étais de mauvaise humeur et je disais toujours à mon frère que je voulais retourner dans notre village », confie-t-il, laissant transparaître un sentiment de détresse et d’isolement caractéristique de l’exil forcé.

Le matin des faits, alors que ses compagnons l’invitaient à les rejoindre sur leur site d’orpailleurs, il affirme avoir décliné l’invitation. « Mes amis m’ont dit d’aller les rejoindre à notre point de rassemblement ; j’ai répondu que je ne partais pas parce que je n’étais pas d’humeur. C’est ainsi que j’ai pris le couteau et j’ai coupé », relate-t-il, comme s’il décrivait un événement dont il n’aurait pas été l’acteur.

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Admis en urgence, il reconnaît les efforts du personnel soignant tout en mesurant l’irréversibilité de son geste. « Les docteurs ont fait leur travail, mais ils disent que je ne pourrai plus fonctionner normalement », dit-il, visiblement affecté par les conséquences à vie de son acte.

Désormais hors de danger sur le plan physique, le jeune orpailleur demeure profondément marqué psychologiquement. Son témoignage met en lumière la vulnérabilité de certains jeunes travaillant dans les zones minières, souvent confrontés à l’exil, à la précarité économique et à une grande solitude affective.

Au-delà du fait divers, ce drame relance la question cruciale de l’accompagnement psychologique et social dans les localités aurifères, où la détresse silencieuse peut parfois conduire à des actes aux conséquences irréparables. Il interpelle également les autorités sur la nécessité de mettre en place des mécanismes d’écoute et de soutien pour ces travailleurs migrants, souvent déracinés et livrés à eux-mêmes.

Mohamed Aly Keita

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