Drame à Korbé (Lélouma) : une femme d’une quarantaine d’années retrouvée égo*rgée, sa mère placée en garde à vue
Les habitants du secteur de Founna Saré, dans la commune rurale de Korbé (préfecture de Lélouma), ont été plongés dans l’effroi dans la nuit du lundi 23 février 2026. Le corps sans vie de Fatoumata Binta Diallo, âgée d’une quarantaine d’années, a été découvert, égorgé, derrière la maison familiale. L’arme du crime, un couteau, a été retrouvée par les gendarmes à quelques mètres du lieu du drame, jetée dans une fosse sceptique.

Ce fait d’une rare cruauté s’est produit aux environs de 21 heures, après la prière surérogatoire (nafila, ndlr). La victime, qui vivait seule avec sa mère dans une maison de trois pièces, a été retrouvée sans vie, faisant de cette dernière la première suspecte.
Interpellée et entendue dans le cadre des enquêtes préliminaires, la mère a nié toute implication dans l’assassinat de sa fille. Elle a depuis été déférée à la brigade de gendarmerie de Lélouma pour que les investigations puissent être approfondies.
Interrogé, Ibrahima Diallo, le chef du secteur de Founna Saré où le crime a été commis, est revenu sur les faits : « C’est à notre retour de la mosquée, après les prières surérogatoires liées au jeûne du ramadan, que nous avons été informés du drame. Nous avons entendu des pleurs et des cris de détresse. En arrivant sur les lieux, nous avons découvert le corps sans vie de Fatoumata Binta Diallo, âgée de 40 à 42 ans, gisant dans une mare de sang. Une blessure profonde au cou indiquait clairement un acte d’égorgement. Mais lorsque je suis arrivé, le corps était déjà couvert. Nous ne savions pas si elle s’était donné la mort ou si quelqu’un d’autre était impliqué. La confusion et la stupéfaction régnaient. Nous avons vu le corps baignant dans son sang, mais l’arme du crime était introuvable. J’ai donc immédiatement informé ma hiérarchie, en l’occurrence le président de la délégation spéciale de Korbé, qui a à son tour alerté les services de sécurité et sanitaires pour qu’ils viennent effectuer les constatations d’usage », a-t-il expliqué.
Les premières investigations menées par les gendarmes ont permis de retrouver l’arme du crime, jetée dans la fosse sceptique, et d’appréhender la mère de la victime comme principale suspecte.
« À leur arrivée, les gendarmes ont sécurisé le périmètre avant de procéder à l’interrogatoire de la mère de la victime. C’est elle qui a découvert le corps en premier et elle est la seule à vivre avec la défunte. Elle a catégoriquement nié toute implication dans l’assassinat de sa fille. Selon ses déclarations, sa fille souffrait de maux aux yeux et suivait un traitement de longue durée, sans résultat. Elle affirme avoir remarqué chez elle, ces derniers temps, des signes inhabituels, suggérant un certain trouble mental. Elle raconte qu’en revenant de la mosquée, comme les autres fidèles, elle a fait cette horrible découverte et a appelé à l’aide. Cependant, le couteau ayant servi au crime demeurait introuvable. Ce sont les gestes de Ramatoulaye Diallo, la mère, qui ont éveillé les soupçons des gendarmes. Durant son interrogatoire, elle n’a cessé de demander à se rendre aux toilettes. C’est finalement dans le trou de cette fosse sceptique que le couteau a été retrouvé, lorsque les gendarmes ont éclairé avec une lampe torche. Cela a fait d’elle la suspecte numéro un, d’autant qu’elle partage seule la maison avec la victime. Elle a donc été emmenée à la gendarmerie de Lélouma dans la nuit même pour que l’enquête se poursuive », a ajouté le chef du secteur de Founna Saré.
Il est à noter que la victime, Fatoumata Binta Diallo, était divorcée et n’avait pas d’enfant. Son corps a été transporté à la morgue de l’hôpital préfectoral de Lélouma en vue de l’autopsie.
Bachir Diallo, Labé, pour siaminfos.com
