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Panique chez des Guinéens du Canada : la loi C-12 rétroactive menace 30 000 demandeurs d’asile

Alors que l’Allemagne expulsait déjà des ressortissants guinéens, c’est désormais au Canada que la peur s’installe. Une nouvelle loi migratoire, adoptée le 26 mars, frappe avec effet rétroactif des milliers de demandeurs d’asile arrivés depuis plus d’un an. Parmi eux, de nombreux Guinéens, qui risquent l’expulsion sans même que leur dossier soit examiné.

L’inquiétude grandit au sein de la diaspora guinéenne du Canada. Après une vague d’expulsions en Allemagne qui avait soulevé une vive indignation, c’est au tour du Canada d’adopter une réforme migratoire aux conséquences brutales. La loi C-12, présentée comme un outil pour « renforcer le système d’immigration et la frontière », impose désormais un délai maximum d’un an après l’arrivée sur le territoire pour déposer une demande d’asile. Mais c’est son caractère rétroactif qui provoque un séisme juridique et humain.

Adoptée le 26 mars dernier, la loi s’applique en effet aux demandes déposées après le 3 juin 2025, y compris pour des personnes arrivées bien avant cette date. Résultat : des milliers de dossiers déjà en cours sont automatiquement déclarés irrecevables. Selon les chiffres d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, environ 30 000 demandeurs d’asile sont concernés, soit près de la moitié de ceux ayant déposé une demande entre juin 2025 et janvier 2026, après plus d’un an de présence sur le sol canadien.

Parmi eux, de nombreux ressortissants guinéens. Depuis plusieurs années, la Guinée figure parmi les principales origines des demandeurs d’asile au Canada, en raison des difficultés économiques. Beaucoup avaient attendu plusieurs mois avant de déposer leur demande, espérant renforcer leur dossier ou stabiliser leur situation professionnelle et familiale. La loi C-12 anéantit cet espoir du jour au lendemain.

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Ces derniers jours, des lettres officielles d’Immigration Canada commencent à arriver dans les foyers. Le message est sans appel : « Vous devez quitter le Canada dès que possible et confirmer votre départ auprès de l’Agence des services frontaliers du Canada. À défaut, une mesure d’expulsion pourrait être prise à votre encontre. » Les destinataires apprennent également que leur dossier ne sera pas transmis à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. Autrement dit, aucun examen au fond de leur demande ne sera effectué.

Dans les communautés concernées, le climat est à la peur généralisée. Pour de nombreux Guinéens, la situation est d’autant plus éprouvante qu’ils ont déjà construit une vie au Canada : un emploi, un logement, parfois une famille. La perspective d’un retour forcé ravive les craintes liées à l’instabilité politique et aux violences dans leur pays d’origine.

Les organisations de défense des migrants dénoncent une mesure disproportionnée et injuste. Elles rappellent que beaucoup de demandeurs n’ont pas déposé leurs dossiers immédiatement par manque d’information, de moyens juridiques ou à cause de délais d’obtention de documents administratifs. La rétroactivité de la loi C-12, jugent-elles, constitue un piège législatif inacceptable.

Alors que les demandes déposées en février et mars 2026 restent encore à analyser, le nombre de personnes affectées notamment au sein de la diaspora guinéenne pourrait continuer d’augmenter dans les prochaines semaines. En cas de non-départ volontaire, les intéressés s’exposent à une procédure d’expulsion, sans jamais avoir vu leur demande d’asile examinée sur le fond.

Bah Mohamed pour Siaminfos.com

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