Nous sommes le 13 octobre 2026 à Conakry. Les projecteurs brûlent. La tempête gronde.
Dans l’arène du pouvoir et de la vérité, peu d’hommes résistent au choc. Un vrai leader n’accuse jamais les circonstances ou les autres. Il assume pleinement ses responsabilités et cherche sans relâche des solutions. Le leadership ne consiste pas seulement à imposer une voix. Il s’agit de savoir écouter pour comprendre et guider. C’est précisément cette philosophie qui façonne le parcours exemplaire d’un homme devenu indissociable de l’histoire contemporaine des médias africains. Mais qui est cet homme qui ne tergiverse pas, ne tremble pas, ne décide pas de manière exagérée et n’écrase jamais pour plaire, mais pour aider et élever ?
Lui, c’est Boubacar Yacine Diallo à l’état civil.
Président de la Haute Autorité de la Communication de Guinée élu par acclamation à la présidence de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée lors de la 12ᵉ Assemblée générale tenue à Conakry en août et septembre 2026, Boubacar Yacine Diallo personnifie la figure achevée du « sage des sages ». Formé à la bonne école, expérimenté et respecté, il demeure une personnalité indispensable tant au paysage médiatique guinéen qu’à celui de toute la sous-région.
Modèle d’investigation et pionnier républicain
Grand reporter d’exception et écrivain chevronné, Boubacar Yacine Diallo est entré dans l’histoire journalistique par un acte de courage mémorable : l’enquête éclairée qui a permis de faire déguerpir les déchets industriels toxiques largués aux îles de Loos sous le régime du président Lansana Conté. Réaliser un tel exploit en tant que journaliste employé de la fonction publique à la Radio Télévision Guinéenne relevait d’une audace républicaine sans pareille.
C’est ce même esprit de visionnaire qui le poussera plus tard à convaincre les autorités de faire évoluer la Radio Télévision Guinéenne vers le statut d’Office, modernisant ainsi le service public de l’information.
Ce parcours remarquable prend ses racines dans la ville carrefour de Mamou, où il effectue un brillant cursus scolaire et coranique. Admis à l’Institut polytechnique Julius Nyerere de Kankan en philosophie-histoire, puis transféré à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, le jeune étudiant se distingue immédiatement.
Alors qu’il s’apprête à soutenir son mémoire sur « Le matérialisme dans les œuvres du Parti Démocratique de Guinée – Rassemblement Démocratique Africain de Sékou Touré », il décroche une bourse d’études internationales en journalisme en Roumanie, cofinancée par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
Rentré diplômé en 1982, affecté au journal parlé de « La Voix de la Révolution », le jeune Boubacar Yacine Diallo suscite d’abord la jalousie de sa hiérarchie. Pourtant, loin des querelles d’égos, il trace son sillon. Il privilégie le terrain, initie des reportages novateurs, couvre le chef de l’État et s’impose en rédigeant des commentaires percutants.
Avec l’avènement du régime militaire en 1984, il introduit l’investigation comme genre majeur, révélant notamment le scandale des déchets toxiques et des détournements à la direction générale des Douanes.
Repéré par le président Lansana Conté pour son intégrité, il accède à la rédaction en chef du journal parlé en 1991.
Promu membre fondateur du Conseil National de la Communication en 1992 pour présider la commission d’éthique, puis Directeur Général de l’Office de la Radio Télévision Guinéenne en 1997, il fait preuve d’une dignité rare en démissionnant en 2000 par clause de conscience.
Cette indépendance d’esprit le conduit à lancer le journal L’Enquêteur en 2002, avant d’être rappelé au sommet de l’État pour présider le CNC (Conseil National de la Communication) en 2005, puis de servir comme conseiller en communication du président Sékouba Konaté en 2010.
Consacré président de l’URTELGUI (Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée) en 2009, ancien président du conseil d’administration de la Maison de la Presse et de président l’AGEPI (Association Guinéenne des Éditeurs de la Presse Indépendante), puis membre de l’INIDH (Institution Nationale Indépendante des Droits Humains) en 2014, il n’a cessé de défendre la liberté de la presse tout en rappelant la responsabilité des acteurs du secteur.
Pour Boubacar Yacine Diallo, le leadership ne consiste pas seulement à imposer une voix, mais à savoir écouter pour comprendre et guider.
Cet homme d’expérience est aussi un homme entier et d’une fidélité inébranlable, qui n’oublie jamais ses bienfaiteurs. Dans les moments difficiles, il sait comment dire la vérité avec courage et pédagogie pour aider à la fois son nouveau bienfaiteur tout en tirant d’affaires son ancien bienfaiteur.
À cet égard, le cas de notre confrère et ancien ministre Tibou Kamara est révélateur : le président Boubacar Yacine Diallo a publiquement rappelé qu’il lui restait fidèle et redevable, une sortie médiatique empreinte d’élégance qui a profondément marqué l’opinion.
De même, lorsque certaines décisions courageuses prises en toute collégialité par la Haute Autorité de la Communication font l’objet de commentaires au sein de la presse nationale et internationale, comme la mise en demeure suivie de la sanction contre France 24 ou les recadrages déontologiques appliqués à certains journalistes, l’analyse objective démontre toujours la touche et le sens élevé de la responsabilité d’un homme qui a eu le privilège d’exercer le métier aussi bien dans le secteur public que dans le privé. Il sait allier rigueur de la loi et soutien confraternel, sans jamais abdiquer devant les dérives.
Auteur prolifique de plusieurs ouvrages majeurs consacrés à l’histoire politique nationale, dont Yacine Diallo, Premier Député guinéen et Il va pleuvoir sur Conakry, il demeure un repère moral indispensable.
C’est tout à son honneur, et c’est tout en l’honneur de la Guinée républicaine et continue, du président fondateur Ahmed Sékou Touré jusqu’au président Mamadi Doumbouya. Ce qu’il fallait démontrer.
Traverser les époques sans jamais renier ses principes fondamentaux demeure le privilège exclusif des véritables bâtisseurs de la République. « Être en avant et diriger expose aux critiques, aux pressions et aux difficultés les plus rudes. »
Cette réalité exigente a constamment jalonné le parcours d’exception de Boubacar Yacine Diallo, lui dont chaque arbitrage reste guidé par une sagesse ancestrale selon laquelle « celui qui écoute apprend plus que celui qui parle. »
Alliant le devoir d’impartialité, la hauteur de vue, l’intégrité déontologique et la loyauté institutionnelle, cet éminent homme d’État inscrit durablement sa mémoire au panthéon des grandes figures républicaines.
Ainsi, Boubacar Yacine Diallo reste et demeure l’homme qui a l’État au cœur, l’éthique en boussole, la fidélité en crédo.
Ibrahima Diallo, journaliste et écrivain.
