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FEGUIFOOT : Mamady Doumbouya élu président, la jeunesse aux commandes pour le renouveau du football guinéen

Édito de Hassane Diallo

Le football guinéen ouvre une nouvelle page de son histoire. Avec l’élection de Mamady Doumbouya à la présidence de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT), une nouvelle équipe s’apprête à prendre les commandes d’une institution dont les défis sont nombreux et les attentes particulièrement fortes. Son élection, avec 21 voix, marque le début d’un mandat de quatre ans, mais surtout l’ouverture d’un nouveau chapitre pour le football national.

Au-delà d’un changement de président, cette élection porte l’espoir d’un renouveau. La jeunesse aux commandes représente une occasion de rompre avec certaines habitudes, de repenser les méthodes de gestion et de donner un nouvel élan à un football qui dispose d’un immense potentiel, mais peine encore à exploiter toutes ses ressources. Toutefois, la jeunesse, à elle seule, ne constitue pas une garantie de réussite. Elle doit s’accompagner de compétences, de rigueur, de vision et d’une véritable volonté de servir l’intérêt général.

Car le football guinéen ne manque ni de talents ni de passion. Des quartiers de Conakry aux villes de l’intérieur du pays, les jeunes rêvent de devenir footballeurs professionnels. Le Syli national continue de faire vibrer des millions de supporters, tandis que nos joueurs évoluent sur différentes scènes internationales. Pourtant, derrière cet enthousiasme populaire, des difficultés persistent : infrastructures insuffisantes, formation à renforcer, compétitions nationales à consolider et clubs confrontés à de nombreuses contraintes.

C’est précisément sur ces chantiers que le nouveau président sera attendu. Le développement du football guinéen ne peut pas se limiter aux résultats de l’équipe nationale A. Il doit commencer à la base, dans les écoles de football, les académies, les clubs et les compétitions locales. Investir dans la formation des jeunes, améliorer l’encadrement technique et accompagner les clubs doivent devenir des priorités concrètes.

La question des infrastructures est tout aussi essentielle. Comment espérer rivaliser durablement avec les grandes nations du football africain sans des terrains adaptés, des équipements modernes et des installations permettant aux jeunes talents de progresser dans de bonnes conditions ? Le renouveau annoncé devra se traduire par des projets réalisables, des investissements transparents et un calendrier d’exécution clairement défini.

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À cela s’ajoute l’exigence d’une gouvernance crédible. La FEGUIFOOT doit être une institution au service de toutes les composantes du football national. Les clubs, les ligues régionales, les arbitres, les entraîneurs, les joueurs et les autres acteurs doivent pouvoir participer à la construction d’un projet commun. La transparence dans la gestion, l’équité dans les décisions et la responsabilité des dirigeants seront indispensables pour restaurer et préserver la confiance.

Le nouveau président devra également comprendre que le football guinéen ne peut pas se construire dans la division. Les rivalités électorales doivent désormais laisser place au travail. Les acteurs qui ont soutenu d’autres candidats ont eux aussi leur rôle à jouer dans cette nouvelle dynamique. L’intérêt supérieur du football national doit dépasser les ambitions individuelles et les calculs personnels.

Mais attention : les supporters guinéens ont entendu de nombreuses promesses au fil des années. Aujourd’hui, ils attendent des actes. Ils veulent des compétitions mieux organisées, des clubs plus solides, une meilleure formation, des infrastructures accessibles et des sélections nationales capables de défendre dignement les couleurs du pays. La confiance ne se décrète pas ; elle se gagne par les résultats, la cohérence des décisions et la capacité à tenir ses engagements.

Mamady Doumbouya dispose désormais de quatre années pour imprimer sa marque et démontrer que ce changement peut produire des résultats durables. Son mandat sera jugé non seulement à travers les performances du Syli national, mais aussi à l’aune des progrès réalisés dans l’ensemble de l’écosystème du football guinéen.

La jeunesse aux commandes est une opportunité. Le renouveau, lui, reste un objectif à conquérir. Pour y parvenir, il faudra du courage, de la méthode, de la transparence et une détermination sans faille.

Le football guinéen mérite mieux que des promesses. Il mérite un projet ambitieux, des dirigeants responsables et des actions à la hauteur du talent de sa jeunesse.

Le temps des discours doit désormais céder la place à celui des résultats. Le chantier est immense, les attentes sont fortes et l’histoire jugera.

Hassane Diallo, pour siaminfos.com

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