Journée contre l’impunité: L’URTELGUI plaide pour l’apaisement, le dialogue et la protection des journalistes
Chapeau: Dans une déclaration rendue publique ce 2 novembre 2026 à l’occasion de la Journée Internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, l’Union des Radiodiffusions et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI) a choisi la voie de l’apaisement total. Un appel à la responsabilité partagée entre État et médias.
CONAKRY, 2 Novembre 2026 – C’est un ton résolument apaisé, loin de la confrontation, que l’URTELGUI a choisi pour célébrer cette année la Journée Internationale de la fin de l’impunité.
Dans une déclaration signée de son Bureau Exécutif, l’organisation faîtière des radios et télévisions libres rappelle d’abord le sens universel de cette date. Instituée par la résolution A/RES/68/163 de l’Assemblée Générale des Nations Unies en 2013, en mémoire de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes français assassinés au Mali le 2 novembre 2013, cette journée est dédiée à la mémoire de tous les journalistes tombés pour avoir informé.
L’URTELGUI cite les chiffres de l’UNESCO: plus de 1 000 journalistes tués en dix ans dans le monde, et dans neuf cas sur dix, aucune condamnation. Une impunité qui, souligne l’organisation, « installe la peur, favorise l’autocensure et fragilise la démocratie« .
Le regard tourné vers la Guinée, avec émotion et confiance
C’est la partie centrale de la déclaration, rédigée avec une extrême prudence. L’URTELGUI écrit:
« En Guinée, cette journée du 2 novembre 2026 nous interpelle tous, avec une sensibilité particulière. »
L’organisation évoque deux cas qui marquent la corporation. D’abord, celui de Habib Marouane Camara, dont la famille est sans nouvelles depuis le 3 décembre 2024. Ensuite, celui de Sanasy Keïta, de la RTG, dont la situation depuis novembre 2025 suscite l’inquiétude.
Mais là où d’autres auraient choisi l’accusation, l’URTELGUI choisit la confiance:
« Nous restons confiants que les enquêtes annoncées par les autorités aboutiront et que leurs conclusions seront partagées pour apaiser les cœurs. Ce sont des situations humaines avant tout, qui méritent l’attention de tous. »
Pour l’URTELGUI, ces cas sont un rappel: le journalisme, dans son exercice quotidien, a besoin d’un « environnement serein, protégé et compris ».
Deux appels, dans un esprit constructif
Loin de toute polémique, comme elle le précise elle-même, l’URTELGUI formule des « souhaits » et non des exigences.
-
À l’endroit des autorités publiques, judiciaires et exécutives:
L’organisation demande avec courtoisie de « bien vouloir, dans la mesure du possible, faire le point sur l’état d’avancement des enquêtes » concernant les deux confrères, afin de rassurer leurs familles. Elle les invite à « porter une attention bienveillante » aux autres situations et à « poursuivre les efforts pour l’application effective des textes de protection et pour le renforcement du dialogue entre l’État et les médias« .
-
À l’endroit des médias et des organisations professionnelles:
L’URTELGUI fait aussi son autocritique. Elle appelle ses propres membres à « cultiver davantage l’esprit de solidarité, de confraternité et de professionnalisme » et à « privilégier l’éthique, la vérification et la responsabilité, afin de mériter chaque jour un peu plus la confiance du public et des institutions« .
Une philosophie: Ne pas opposer, mais rassembler
C’est la phrase qui résume toute la déclaration et qui pourrait devenir sa devise:
« Mettre fin à l’impunité, ce n’est pas opposer, c’est rassembler. »
Et de conclure par une formule forte, qui tranche avec les déclarations habituelles:
« En Guinée, aucun journaliste ne devrait exercer son métier dans la peur. Et aucune institution ne devrait voir dans le journaliste un adversaire. Nous avons un destin commun: informer juste pour servir la Guinée. Ensemble, dans l’apaisement et le respect mutuel, défendons les journalistes. Défendons la justice et le dialogue. »
Un message d’apaisement total, qui intervient à un mois du triste deuxième anniversaire de la disparition de Habib Marouane Camara, et qui mise sur la confiance dans les institutions pour obtenir la vérité.
Fait à Conakry, le 2 novembre 2026
Le Bureau Exécutif de l’URTELGUI
Déclaration
