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Canicule à Conakry : Sow Mamadou Marwana pointe la dégradation du couvert végétal et l’urbanisation

La forte chaleur ressentie ces derniers jours à Conakry suscite des interrogations au sein de la population. Pour expliquer ce phénomène, l’ingénieur environnementaliste Sow Mamadou évoque plusieurs facteurs, notamment les conditions météorologiques, la dégradation du couvert végétal et l’urbanisation de la capitale guinéenne.

Selon lui, la chaleur actuelle peut notamment s’expliquer par les conditions observées après la saison des pluies. « Nous venons tout juste de sortir de la saison des pluies. Les sols sont encore humides et, avec le fort ensoleillement de ces derniers jours, il y a eu une évaporation importante », explique-t-il.

L’ingénieur environnementaliste évoque également le phénomène El Niño, qui peut influencer les conditions climatiques à l’échelle mondiale. Il estime toutefois que des facteurs locaux contribuent à accentuer la chaleur dans la capitale guinéenne.

« Conakry est très dévégétalisée. La végétation est progressivement détruite, tandis que les constructions se multiplient. L’urbanisation anarchique et la circulation des engins contribuent aussi à aggraver la situation », souligne Sow Mamadou.

Il rappelle néanmoins qu’une journée particulièrement chaude ne suffit pas, à elle seule, à établir l’existence d’un changement climatique. « Il faut faire la différence entre une journée de forte chaleur et les phénomènes liés au changement climatique. Certains facteurs locaux viennent amplifier les effets de ces dérèglements », précise-t-il.

Végétaliser Conakry pour mieux lutter contre la chaleur

Pour l’environnementaliste, la réponse passe d’abord par la protection de l’environnement et la restauration du couvert végétal. Il préconise notamment de multiplier les plantations d’arbres, de protéger les espaces verts existants et de créer davantage de parcs publics.

« Il faut végétaliser la ville en plantant des arbres et en protégeant ceux qui existent déjà. Nous avons également besoin de parcs où les populations peuvent se retrouver, se détendre et profiter d’un air plus frais », recommande-t-il.

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Sow Mamadou appelle également à mieux encadrer l’urbanisation et à intégrer systématiquement des espaces verts dans les projets de construction. Il estime que le béton et l’asphalte contribuent à retenir la chaleur pendant la journée et à la restituer durant la nuit.

« Dans chaque projet de construction, il faut prévoir des espaces verts. Aujourd’hui, beaucoup de projets privilégient les bâtiments sans accorder suffisamment de place à la végétation. Pourtant, l’être humain dépend de son environnement », insiste-t-il.

L’ingénieur environnementaliste invite par ailleurs les autorités à renforcer les politiques de gestion des déchets et les campagnes de sensibilisation. Pour lui, la lutte contre la dégradation de l’environnement doit être une responsabilité partagée.

S’adressant notamment au ministère de l’Environnement, il encourage la mise en œuvre d’actions concrètes de reboisement et la promotion du slogan « Un Guinéen, une plante ».

« Il faut sensibiliser davantage, encourager le reboisement et mettre ce slogan en application. Chacun doit prendre sa part de responsabilité. Même lorsqu’on construit sa maison, il faut demander à son architecte ou à son ingénieur de prévoir un espace vert », conclut Sow Mamadou.

Pour cet environnementaliste, la préservation de la végétation et une meilleure maîtrise de l’urbanisation constituent des enjeux essentiels pour améliorer le cadre de vie et limiter les effets de la chaleur à Conakry.

 

Hassane Diallo, pour siaminfos.com

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