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Fabrication de 200 000 table-bancs : Pour N’valy Condé, une initiative structurante aux « doubles avantages »

Le gouvernement guinéen, à travers le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, ainsi que celui de l’Enseignement professionnel et technique, s’active pour résoudre la problématique du déficit en mobilier scolaire. Dans le cadre de l’amélioration des conditions d’accueil dans les établissements scolaires, le département dirigé par le ministre Alpha Bacar Barry a annoncé un vaste programme de fabrication de 200 000 table-bancs, confié aux centres d’enseignement professionnel. Une initiative structurante saluée par l’acteur éducatif N’valy Condé.

Selon ce dernier, la décision de confier la fabrication de table-bancs aux élèves des écoles professionnelles, après la fusion entre l’enseignement pré-universitaire et la formation professionnelle, répond à deux problématiques majeures. Il s’agit, d’une part, de pallier le manque criant d’équipements scolaires et, d’autre part, de donner enfin un contenu pratique à la formation technique.

« Dans de nombreuses écoles, comme vous le savez bien, l’insuffisance des table-bancs engendre beaucoup de problèmes, notamment chez les élèves. Plusieurs sont souvent contraints de partager les mêmes tables, tandis que d’autres suivent les cours debout ou à même le sol. Dans ces conditions, il devient difficile d’écrire correctement, de lire avec concentration et de suivre le cours avec attention. Le manque d’équipement scolaire affecte directement le rendement des élèves et complique le travail des enseignants », a-t-il souligné.

Ce programme de fabrication de 200 000 table-bancs contribuera-t-il à mettre fin à ce déficit ? Pour N’valy Condé, c’est une évidence, car il améliore non seulement les conditions de vie des élèves, mais aussi les conditions de travail des enseignants.

« Faire participer les élèves des écoles professionnelles à la fabrication des table-bancs peut constituer une solution pertinente. Cette initiative permettrait d’améliorer progressivement l’équipement des écoles tout en offrant aux apprenants des filières techniques une formation fondée sur la pratique. Les élèves apprennent ainsi leur métier en produisant des biens utiles à la société, notamment dans les domaines de la menuiserie, de la soudure ou de la métallurgie », a-t-il fait savoir.

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Cependant, prévient notre interlocuteur, cette politique doit rester avant tout pédagogique. « Elle nécessite un encadrement régulier, des formateurs qualifiés et des moyens suffisants pour garantir la qualité des équipements produits. Elle ne doit pas transformer les élèves en simple main-d’œuvre, mais plutôt en apprenants engagés dans une production éducative. Ainsi, bien organisée, cette mesure peut avoir un double impact positif : réduire le déficit en table-bancs dans les écoles et favoriser l’enseignement technique et professionnel, en montrant que l’école peut aussi être un lieu de production utile au développement national », a-t-il plaidé.

Outre la fabrication des table-bancs, N’valy Condé a profité de l’occasion pour attirer l’attention des autorités éducatives sur le manque criant de toilettes et de points d’eau potable dans les établissements d’enseignement public du pays.

« Je pense qu’il y a beaucoup de priorités. La priorité des priorités, je l’ai toujours dit, c’est le manque de toilettes dans les écoles publiques. Vous savez, souvent les enseignants et les élèves partagent les mêmes toilettes. Dans beaucoup d’écoles, il n’y a pas de toilettes. Je voudrais que les autorités sillonnent quelques écoles publiques pour voir dans quelles conditions nos enfants étudient. Après le problème de table-banc, les autorités doivent faire face à ça. Il manque d’eau potable aussi dans les écoles. Il n’y a pas de point d’eau dans les écoles publiques. Surtout dans les écoles dites « Africof » », a-t-il conclu au micro de Siaminfos.com.

Cheick Fantamadi pour Siaminfos.com

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