Guinée : L’Intersyndicale de l’éducation menace de déclencher une grève générale à partir du 13 avril
« Si le gouvernement ne fait rien d’ici le samedi 11 avril, dans le cadre de l’opérationnalisation des commissions techniques issues du protocole d’accord signé avec les syndicats, l’Intersyndicale de l’éducation menace de déclencher une grève générale à partir du lundi 13 avril 2026. » L’annonce a été faite ce mardi par Michel Pépé Balamou, porte-parole de l’Intersyndicale.
Tout laisse à croire que le secteur éducatif guinéen se dirige vers une nouvelle crise. L’Intersyndicale accuse en effet le gouvernement de mauvaise foi concernant la reprise des négociations.
« Trois mois après la signature de ce protocole d’accord, le gouvernement ne fait toujours pas preuve de bonne foi. C’est ce qui va nous amener à organiser une grande assemblée générale le samedi 11 avril 2026, à la Bourse du Travail, pour consulter nos mandants, leur rendre compte de ce qui a été acquis et de ce qui reste à faire, ainsi que des démarches que nous avons menées », a expliqué Michel Pépé Balamou.
À l’issue de cette assemblée générale, ajoute-t-il, il sera décidé de déclencher ou non la grève. « La grève que nous avons menée en décembre n’a pas été levée, seulement suspendue. Nous n’avons donc pas besoin de déposer un nouvel avis de grève. Il suffira de l’assemblée générale de samedi prochain. »
Et si les enseignants, représentant la base, décident d’aller en grève, « croyez-moi, le lundi 13 avril 2026, cette grève sera déclenchée et largement suivie », prévient le syndicaliste.
Pour éviter une nouvelle crise dans le secteur de l’éducation à moins de deux mois des examens nationaux, le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation appelle le gouvernement à faire preuve de bonne foi et de responsabilité.
« Il revient au gouvernement de prendre la mesure de la situation pour éviter une crise qui n’a pas lieu d’être. D’autant que les élections législatives et communales se profilent à l’horizon du 24 mai, et que les examens nationaux auront lieu fin juin et début juillet. Face à ces deux enjeux nationaux ultrasensibles, le gouvernement n’a pas intérêt à nous pousser vers une nouvelle crise, dont les conséquences seraient impossibles à mesurer, prévenir ou contenir », a-t-il averti, avant de lancer un appel aux consciences nationales.
« Ici et maintenant, nous interpellons les consciences nationales : le grand imam de la mosquée Faïçal, l’archevêque de Conakry, les organisations de la société civile, les centrales syndicales, le Conseil national du dialogue social, la Fédération guinéenne des parents d’élèves et amis de l’école, et même notre ministre de tutelle, M. Alpha Bacar Barry », a lancé Michel Pépé Balamou au micro de Siaminfos.com.
Cheick Fantamadi pour Siaminfos.com
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