Alité depuis plusieurs semaines, Antoine Dobo Guilavogui, ancien secrétaire fédéral de l’UFDG écarté par son parti, a reçu notre reporter à son domicile du quartier Bordo, à Conakry. Affaibli mais déterminé, il dénonce un double abandon : celui de son organisation politique et celui du ministre Ousmane Gaoual Diallo, qu’il accuse d’avoir repris, sans préavis, des véhicules offerts avant les élections référendaires.
Un homme à terre, qui se dit oublié
C’est couché, la voix usée, qu’Antoine Dobo Guilavogui a accepté de parler. L’ancien cadre de l’UFDG dit souffrir d’hypertension depuis près de six semaines, et affirme n’avoir reçu aucune visite ni aucun soutien de son ancien parti depuis sa mise à l’écart.
« Je suis vraiment malade. Ils savent que je suis malade. Jusqu’à présent, personne n’est venu à mon secours », déplore-t-il, le ressentiment perceptible dans chacun de ses mots.
Des véhicules offerts, puis récupérés en silence
Quelques mois avant les élections référendaires de mai dernier, Antoine Dobo Guilavogui et plusieurs autres secrétaires fédéraux de l’UFDG auraient chacun reçu un véhicule, présenté comme un don du Président de la République, le général Mamadi Doumbouya, et acheminé par le ministre Ousmane Gaoual Diallo. Mais à peine la période électorale passée, ces véhicules auraient été récupérés, sans que les bénéficiaires en soient informés.
« Nous avions pensé que c’était pour nous, mais c’était de l’arnaque. Il nous a malicieusement donné dans l’espoir de retourner. Cela ne nous a pas été dit », affirme-t-il, ciblant directement le ministre.
Un phénomène qui irait au-delà de son cas
L’ancien responsable assure ne pas être la seule victime de cette pratique. Il cite les fédérations de N’Zérékoré et de Kissidougou, où des véhicules auraient également été retirés dans les mêmes circonstances.
Pour vérifier ces affirmations, notre reporter a contacté le secrétaire fédéral de Kouroussa, qui a mis fin à l’appel sans répondre à la question posée. Le ministre Ousmane Gaoual Diallo, de son côté, n’a pas donné suite à nos sollicitations. Sa version des faits n’a donc pas pu être recueillie à l’heure de la publication.
Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
