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Kankan : plusieurs interpellations après le blocage de l’axe Kankan-Siguiri

Ce mardi 7 avril 2026, des syndicalistes du secteur du transport ont bloqué la route à Djankana, à une douzaine de kilomètres de Kankan, paralysant totalement la circulation pendant plusieurs heures. Face à cette situation jugée illégale, le procureur de la République a ordonné l’intervention des forces de sécurité. Plusieurs meneurs ont été interpellés et des véhicules saisis.

Plus de circulation, des guichets fermés, des centaines de véhicules immobilisés : pendant une bonne partie de la matinée, la ville de Kankan a vécu au rythme de ce mouvement de protestation. Une paralysie qui a rapidement suscité une réaction des autorités judiciaires.

Sur le terrain, la situation s’est fortement tendue à Djankana, localité située à environ 12 kilomètres du centre-ville. Selon des informations recueillies, les transporteurs ont contraint l’ensemble des véhicules à observer un arrêt d’activité. À la grande gare routière de Kankan, le constat était sans appel : guichets fermés, véhicules stationnés et absence totale de trafic. Une source indique qu’aucune entrée ni sortie de véhicules n’a été enregistrée pendant plusieurs heures.
Interrogé, un responsable syndical ayant requis l’anonymat n’a pas souhaité s’exprimer officiellement. Hors micro, il a évoqué une grève liée à « des difficultés auxquelles les transporteurs sont confrontés », sans plus de précisions.
Une intervention musclée des autorités

Face à cette paralysie jugée illégale, les autorités judiciaires ont réagi avec promptitude. Le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, s’est rendu sur les lieux accompagné des forces de maintien de l’ordre, notamment l’Escadron de gendarmerie mobile d’intervention (EGMI).
Le magistrat a dénoncé une atteinte grave à l’ordre public, soulignant que les manifestants ont entravé la libre circulation des personnes et de leurs biens.

Selon lui, les syndicats avaient pourtant été reçus la veille par les autorités administratives, dont le préfet de Kankan, qui les avait invités à privilégier le dialogue et à respecter les lois en vigueur. « Contre toute attente, ils ont décidé de passer à l’action en bloquant la voie publique », a-t-il regretté, ajoutant que certains manifestants ont opposé une résistance aux forces de sécurité.

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Des interpellations et des saisies

Suite à la réquisition du ministère public, les forces de l’ordre ont procédé au dégagement de la route et au rétablissement de la circulation. L’intervention s’est soldée par l’interpellation de plusieurs meneurs et la saisie de nombreux véhicules, désormais placés sous main de justice.
Le procureur a assuré que « la loi sera appliquée dans toute sa rigueur », tout en saluant le professionnalisme des unités engagées, qui ont permis un retour au calme sans perte en vies humaines.

Des usagers fortement impactés

Sur place, les conséquences ont été particulièrement difficiles pour les voyageurs. Des centaines de véhicules sont restés immobilisés pendant plusieurs heures.

Diallo Mamadou Saïd, en provenance de Bamako, témoigne « Nous sommes arrivés à Djankana vers 4 heures du matin. La route était totalement bloquée et les clés de plusieurs véhicules avaient été confisquées. Malgré nos supplications, nous n’avons pas été autorisés à passer. Nous sommes restés bloqués jusqu’à 8 ou 9 heures, dans des conditions très éprouvantes. »

Un retour progressif au calme

À l’issue de l’intervention des forces de sécurité, le calme est progressivement revenu à Djankana, permettant la reprise du trafic routier. Pour l’heure, les transporteurs n’ont pas encore fait de déclaration officielle. Une rencontre était en cours à la préfecture au moment de la rédaction de cet article. Reste à savoir si le dialogue engagé permettra d’apaiser une colère qui semble couver depuis plusieurs jours.

Kankan, Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com

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