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Lelouma : un seul enseignant titulaire pour 300 élèves, à l’école primaire de Nyeguere

Fondée vers 1976, l’école primaire de Nyeguere, dans la commune rurale de Korbè, accueille environ 300 élèves répartis en six groupes pédagogiques. Cette institution ne dispose pourtant que d’un seul enseignant titulaire, épaulé par quatre contractuels financés par la communauté. Une situation précaire qui pèse lourdement sur la qualité de l’enseignement.

Interrogée par notre correspondant basé à Labé, Mme Diallo Aissatou Bhoye, enseignante de la 5e année, a alerté sur les conséquences de cette pénurie.

« L’école primaire de Nyeguere dispose de six classes pour seulement cinq enseignants. Nous n’avons même pas d’enseignant attitré pour les élèves de 4e année. L’État ne nous a envoyé qu’un titulaire ; les quatre autres sont à la charge des parents. »

Avec un effectif pléthorique, les difficultés pédagogiques sont criantes : « Beaucoup d’élèves ont un niveau faible en français. Nous sommes obligés d’utiliser le poular pour nous faire comprendre. » L’abandon scolaire est un autre fléau, aggravé par la pauvreté des familles. « Certains parents, par manque de moyens, retirent leurs enfants de l’école. L’APEAE [Association des Parents d’Élèves et Amis de l’École] est fixée à 15 000 FG par élève pour les tables-bancs et le salaire des contractuels. Quand les parents ne peuvent pas payer, des enfants abandonnent. C’est très amer, mais nous sommes impuissants. »

Le paiement des enseignants contractuels souffre de retards chroniques : « L’an passé, la communauté nous doit encore deux mois de salaire. Certains parents affirment avoir versé leur cotisation à l’APEAE, mais le responsable ne nous reverse rien et nous renvoie vers les familles… », déplore-t-elle.

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Les problèmes matériels s’ajoutent à la crise humaine. « En première année surtout, les classes sont surchargées. On voit quatre, parfois cinq enfants par table-banc. Nous n’avons que deux latrines, c’est insuffisant. Les manuels scolaires manquent cruellement : en histoire-géographie pour les 4e et 5e années, nous n’avons pratiquement que deux livres pour toutes les deux classes », a-t-elle ajouté.

Labé Bachir Diallo pour siaminfos.com

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