Dans le secteur Dario, district de Hamdallaye, l’école primaire se résume à un simple hangar de fortune. Construit en 2022 par des ressortissants de la localité, cet abri de tôles et de bois accueille pourtant 58 enfants assoiffés d’apprendre. Mais derrière cette volonté louable se cache une réalité accablante : pas de latrines, pas d’eau, pas de tables-bancs, et surtout, aucune reconnaissance officielle des autorités éducatives, a appris Siaminfos.com à travers son correspondant régional.
Sous ce hangar ouvert à tous les vents, Mamadou Telly Baldé, enseignant à la retraite, tient bon. Depuis trois ans, il gère seul une classe multigrade rassemblant la maternelle, la petite section et la grande section. Sur les 58 élèves, 36 sont des filles et 22 des garçons.
« Cette école a été créée par les ressortissants de Hamdallaye en 2022. Malheureusement, elle n’est pas prise en compte par les autorités de l’éducation », déplore l’enseignant. Les villageois avaient même envisagé de construire deux salles supplémentaires pour arriver à trois classes, mais le projet est resté lettre faute de soutien.
L’absence d’infrastructures de base transforme l’apprentissage en parcours du combattant. Aucun point d’eau potable à proximité. Pas de latrines. Les enfants font leurs besoins en brousse, exposés aux risques sanitaires. Les rares tables-bancs disponibles sont insuffisantes pour accueillir tous les apprenants. Beaucoup écrivent sur leurs genoux, assis à même le sol.
« Nous sommes en manque criard de tables-bancs », insiste M. Baldé. Avant de lancer un appel solennel : « Nous voulons surtout que le gouvernement puisse prendre en charge cette école. »
Faute de budget public, ce sont les villageois et l’enseignant lui-même qui portent cette école à bout de bras. « Il faut reconnaître que travailler avec les paysans, ce n’est pas facile », confie le retraité. Pour son travail quotidien, il percevait 600 000 francs guinéens par an. Pour l’année 2026, la communauté a consenti un effort pour porter sa rémunération à 700 000 francs guinéens. Une somme encore très insuffisante au regard du temps et de l’énergie investis.
Le secteur Dario illustre cruellement les inégalités d’accès à l’éducation en Guinée rurale. Alors que la loi rend l’école primaire obligatoire, des dizaines d’enfants apprennent aujourd’hui dans des conditions précaires, à l’abri des regards officiels. L’espoir de Mamadou Telly Baldé est simple : que l’État prenne enfin ses responsabilités pour offrir à ces 58 élèves et à ceux qui viendront après une école digne de ce nom.
Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com
