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Spéculations autour du décès de Toumba Diakité : «C’est légitime que les gens s’interrogent, mais l’interrogation s’arrete aussi devant les faits »

Le gouvernement guinéen a tenté de calmer le jeu, ce vendredi, en apportant des précisions sur les circonstances de la mort d’Aboubacar Sidiki Diakité, alias Toumba, survenue mercredi 25 mars. Lors d’un point de presse animé à Conakry, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoul Diallo, a répondu aux interrogations grandissantes, notamment sur l’absence d’une forte délégation officielle lors de la levée du corps.

Après trois jours de silence relatif, l’exécutif a choisi de s’exprimer pour lever ce qu’il considère comme des malentendus. Interpellé sur la faible représentation gouvernementale aux obsèques du commandant, le ministre des Transports a tenu à rectifier ce qu’il perçoit comme une interprétation erronée.

« Ce matin, le gouvernement a été représenté par le ministre secrétaire général des Affaires religieuses. On ne confond pas le gouvernement à une personne physique. Le gouvernement délègue ses responsabilités. Même si un membre du gouvernement disparaissait aujourd’hui, tous ne se déplaceraient pas. Nous avons été très bien représentés et avons parlé au nom du président de la République », a-t-il martelé.

Sur le fond, Ousmane Gaoul Diallo a invité à ne pas faire de la mort de l’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara un sujet systématique de suspicion. Il a rappelé le cadre légal qui prévaut en pareille circonstance : la restitution du corps à la famille ouvre la voie à d’éventuelles expertises privées et à des actions judiciaires.

« Lorsqu’on rend la dépouille à la famille, elle a la possibilité de solliciter une expertise, une autopsie, et le cas échéant d’engager des poursuites. C’est pour cela que les familles reçoivent les corps de leurs proches. Sinon, l’armée ne restituerait pas la dépouille », a-t-il expliqué.

Le porte-parole a par ailleurs souligné que les proches du défunt n’avaient, selon lui, pas émis de doutes quant aux causes de la mort. Tout en admettant que l’interrogation des citoyens est légitime, il a appelé à ce que celle-ci « s’arrête devant les faits ».

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« Maintenant, il faut éviter plusieurs choses dans ce cas là, d’abord parce que c’est dramatique pour ces familles, c’est pas l’objet. Le gouvernement essaie de faire de la transparence dans ça. Lorsqu’on rend la dépouille à la famille, elle a la possibilité de solliciter une expertise, l’autopsie propre à elle et croire à ça. Et au cas échéant, d’engager des poursuites judiciaires. C’est pour ça que les familles reçoivent les corps de leurs parents quand ils décèdent. Sinon, on aurait tout simplement dit ce sont des militaires, s’ils ne sont pas radiés. Si vous êtes un militaire aujourd’hui, vous n’êtes pas dans le cadre de ces condamnations là, vous décédez, l’armée ne vous rend pas le corps. De toutes les façon lorsqu’on a entendu les parents proches du défunt, en tout cas ils ne soulèvent pas de doute dans ce qui s’est passé, parce que nous sommes tous des mortels après tout, il ne faut pas que chaque mort, quelles que soient les conditions dans lesquelles c’est fait, suscite des suspicions. C’est légitime que les gens s’interrogent, mais l’interrogation s’arrete aussi devant les faits », a-t-il conclu.

Une déclaration qui intervient alors que les circonstances exactes du décès du commandant, figure controversée des événements du 28 septembre 2009, continuent d’alimenter les discussions dans l’espace public. Le gouvernement mise désormais sur les procédures judiciaires et l’apaisement familial pour clore le chapitre des spéculations.

Mohamed Lamine SOUARÉ pour Siaminfos.com

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