Tensions à la frontière guinéo-libérienne: Le Président Boakai du Liberia s’adresse à ses citoyens et les appelle au calme
Dans une allocution solennelle adressée à la nation ce mercredi soir, le Président Joseph Nyuma Boakai a brisé le silence pour faire le point sur les récentes tensions le long de la frontière entre le Libéria et la République de Guinée. En sa qualité de Commandant en chef des Forces armées, il a cherché à rassurer ses compatriotes tout en réaffirmant son engagement inébranlable en faveur d’une résolution pacifique.
D’emblée, le chef de l’État libérien a reconnu la gravité de la situation dans la région de Sorlumba, située dans le district de Foyah, au comté de Lofa. Il a noté que ces développements récents avaient suscité de vives inquiétudes parmi les populations riveraines et enflammaient légitimement l’opinion publique nationale.
« Je tiens à assurer le peuple libérien que votre gouvernement a été pleinement engagé et gère la situation de façon responsable, avec calme et détermination », a déclaré le Président Boakai, cherchant à endiguer toute panique.
Face à l’escalade redoutée, Monrovia n’a pas tardé à réagir. Le Président a détaillé la stratégie de son administration : privilégier immédiatement la voie diplomatique. Dès les premiers signes de tension, le gouvernement libérien est entré en contact direct avec les autorités guinéennes par les canaux établis.
Par ailleurs, un rôle clé a été confié à la Sierra Leone, pays frère et membre de l’Union du fleuve Mano (MRU). Cette médiation a porté ses fruits, aboutissant à un engagement tripartite de principe. « Les dirigeants du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone ont réaffirmé notre engagement collectif en faveur de la paix », a souligné le Président, précisant qu’un accord a été trouvé pour rétablir le statu quo ante.

Dans ce qui apparaît comme une avancée majeure vers l’apaisement, Joseph Boakai a révélé que le gouvernement guinéen a donné pour instruction à ses forces de retourner à leurs positions antérieures le long de la frontière. Il a salué ce geste comme « un pas important vers la désescalade », témoignant d’une volonté mutuelle de privilégier la stabilité.

Sur le terrain, les institutions de sécurité libériennes (Forces armées, Police nationale, services mixtes) restent néanmoins en état de vigilance. Leur mission, en collaboration avec les autorités locales, est de maintenir un climat de sérénité pendant que les pourparlers diplomatiques se poursuivent, apprend-on.
S’adressant à ses concitoyens, le Président a tenu à préciser que cette approche pacifique n’était en rien un signe de faiblesse, mais bien une démonstration de maturité politique. « Il est facile de se battre, de se briser et de détruire. Comme notre propre voyage nous l’a appris, il est plus difficile de récupérer et de construire », a-t-il martelé, en référence aux années de guerre civile qu’a connues le Libéria.
Il a également remercié les partenaires régionaux et internationaux (CEDEAO, Union Africaine) pour leurs messages de soutien et de solidarité, qui renforcent, selon lui, la position du Libéria sur l’échiquier international.
Alors que le sentiment patriotique est palpable, le président libérien a lancé un appel solennel à la retenue, particulièrement à l’encontre des habitants des zones frontalières. Il les a exhortés à ne pas relayer d’informations non vérifiées ou de rumeurs susceptibles de semer l’anxiété.
« La paix dont nous jouissons aujourd’hui est le résultat de notre sacrifice collectif », a-t-il rappelé, appelant la nation à rester confiante et unie.
Joseph Nyuma Boakai a réitéré sa détermination à utiliser tous les mécanismes disponibles, diplomatie, dialogue et coopération régionale pour préserver l’intégrité du territoire et la stabilité durement acquise du Libéria. « Cette paix est précieuse », a-t-il insisté, « et ce gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour la protéger ».
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