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Timbi Madina : une commune de 50 000 habitants gardée par seulement trois agents au SMIG

Insécurité, sous-effectif criant et salaires trop bas : la garde communale de Timbi Madina, dans la préfecture de Pita, tient à bout de bras la sécurité locale. Avec seulement trois agents pour près de 50 000 âmes, la commune rurale illustre les difficultés chroniques de nombreuses collectivités guinéennes.

Dans un contexte où l’insécurité gagne du terrain dans plusieurs localités du pays, certaines communes peinent à recruter des gardes communaux, faute de moyens. Timbi Madina, sous-préfecture relevant de la préfecture de Pita, en est un exemple frappant.

Contacté par notre correspondant, Marouane Diallo, le secrétaire général de la commune rurale n’a pas caché son amertume. « C’est effectif, nous n’avons que trois personnes comme agents de la garde communale. C’est dérisoire pour une commune de près de 50 000 habitants », déplore-t-il.

À l’origine, cinq agents composaient l’effectif. Mais deux ont démissionné, jugeant leur rémunération incompatible avec les exigences du métier. « Ils ont estimé que 550 000 francs guinéens (FG) comme salaire ne peut pas arranger », explique le secrétaire général.

Face à cette réalité, la Mairie se trouve dans une impasse financière. Si elle souhaite doubler les salaires pour attirer de nouvelles recrues, elle risquerait de ne plus pouvoir payer ses agents pendant plusieurs mois. « Les trois agents en service perçoivent leurs salaires. Dieu merci, à ce jour, nous n’avons pas de dettes envers eux. Nous leur payons le SMIG conformément à la loi en vigueur », précise-t-il.

Un montant qui reste toutefois insuffisant pour susciter des vocations. « Beaucoup de jeunes ne sont pas intéressés par ce service, jugeant insignifiant le montant qui leur est proposé. Je suis persuadé que si ce montant était doublé, beaucoup de jeunes pourraient faire partie de cette garde communale », ajoute notre interlocuteur. Il confie que la commune envisage de corriger cette situation à l’arrivée de la future équipe communale.

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Malgré ce sous-effectif préoccupant, le secrétaire général se réjouit d’un relatif calme sécuritaire. « Dieu merci, actuellement il faut s’en réjouir. Il y a quelques temps, nous étions embêtés par des casses au niveau du marché de Timbi Madina. Mais depuis deux à trois ans, nous n’enregistrons pas beaucoup de casses, malgré que nous n’ayons pas de gardien. »

Il explique que les commerçants refusent souvent de contribuer financièrement à un service de gardiennage. Une équipe venue de Conakry a d’ailleurs dû repartir après la fin de son contrat, faite de relais local. « Le marché est fermé la nuit, mais nous n’avons pas de gardien. »

Les inquiétudes demeurent toutefois vives, notamment face aux risques d’incendie. « Nous déplorons les cas d’incendies. Le dernier en date concernait deux boutiques qui ont pris feu. Heureusement, c’était la journée, et nous avons pu éviter le pire. »

Le cas de Timbi Madina met en lumière un défi plus large pour la décentralisation en Guinée : comment assurer la sécurité des populations quand les communes manquent cruellement de ressources ? Faute de salaires attractifs et de perspectives claires, la garde communale peine à devenir une véritable force de proximité.

En attendant, les trois agents encore en poste continuent leur mission, soutenus par une population qui, pour l’instant, échappe au pire.

Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com

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