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Drame à Mandiana : Après un conflit pour un ballon, un septuagénaire tu*é, le suspect en fuite

Un drame d’une rare violence s’est produit dans le district de Banafarala, relevant de la sous-préfecture de Dialakoro, dans la préfecture de Mandiana. Brema Samaké, âgé d’environ 70 ans, connu sous le surnom de Dombo, a perdu la vie à la suite d’une agression mortelle survenue à l’issue d’un différend impliquant de jeunes enfants qui jouaient au football.

Le principal suspect, Aly Sidibé, âgé d’une vingtaine d’années, est actuellement en fuite et activement recherché par les autorités. Les faits se seraient déroulés entre le mardi 29 et le mercredi 30 décembre.

Joint par téléphone ce dimanche, Ousmane Samaké, fils de la victime, est revenu sur le déroulement des événements. Selon lui, des enfants âgés de 3 à 6 ans jouaient au football lorsqu’un ballon a accidentellement touché le jeune Aly Sidibé, assis devant son domicile. Ce dernier aurait aussitôt confisqué le ballon, provoquant les pleurs des enfants.

Dans l’intention d’apaiser la situation, Brema Samaké se serait rendu calmement chez le jeune homme afin de lui demander de restituer le ballon. Mais la discussion aurait rapidement dégénéré. Le suspect aurait proféré des insultes à l’encontre du vieil homme, allant jusqu’à le menacer de mort.

« Le mardi vers 15 heures, les enfants jouaient au football quand le ballon a touché le jeune. Il l’a confisqué. Mon père et ses amis sont allés lui demander pardon pour qu’il rende le ballon. Il a refusé et a commencé à insulter les parents de mon père. Malgré les tentatives d’apaisement, il a continué les injures et a menacé de tuer mon papa ou l’un de ses amis », a expliqué Ousmane Samaké.

Face à la gravité des menaces, les sages du district auraient saisi les autorités locales ainsi que la famille du suspect. Cependant, selon la famille de la victime, aucune action concrète n’aurait été engagée.

« Mon père et ses amis ont informé les autorités locales et le père du jeune. Mais rien n’a été fait. On leur a même demandé de verser 250 000 GNF pour faire venir la gendarmerie, puis encore 250 000 GNF. Ils n’avaient pas les moyens de payer 500 000 GNF », a déploré le fils du défunt.

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Le lendemain, alors que Brema Samaké s’apprêtait à se procurer du carburant pour sa moto, une nouvelle altercation aurait éclaté. Le jeune suspect l’aurait violemment agressé, lui portant des coups au visage et à la gorge à l’aide d’un morceau de bois.

Grièvement blessé, le septuagénaire a d’abord été admis au poste de santé local avant d’être évacué en urgence vers Siguiri pour des soins spécialisés. Il a malheureusement succombé à ses blessures en cours de route.

« Il lui a porté un coup violent à la mâchoire, puis un autre à la gorge. Mon père est tombé et a fait une crise. Les médecins ont demandé son évacuation à Siguiri, mais il est décédé avant d’y arriver », a relaté son fils.

Après le décès de la victime, le présumé agresseur aurait tenté de prendre la fuite. Un membre de sa famille aurait essayé de le retenir, en vain. Il se serait échappé avec son jeune frère, et leur destination demeure inconnue.

Enquête ouverte, incompréhension de la famille

Les autorités sous-préfectorales, la gendarmerie et la mairie ont été saisies du dossier. Une enquête a été ouverte afin de faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame. Toutefois, la famille de la victime dénonce la libération du père du suspect après son audition.

« Les autorités sont venues et disent que les enquêtes sont en cours. Mais le père du jeune a été auditionné puis relâché. Nous n’avons pas compris cette décision », a regretté la famille.

Dans un climat de profonde douleur, la famille de Brema Samaké lance un appel pressant aux autorités judiciaires afin que justice soit rendue.

« Nous attendons que la justice fasse son travail. Si le droit est dit, cela honorera la mémoire de notre père. Sinon, nous nous en remettons à Dieu », ont-ils conclu.

La mort tragique de Brema Samaké relance le débat sur la gestion des conflits communautaires et la réactivité des autorités locales en milieu rural, où l’absence d’interventions rapides peut transformer de simples différends en drames humains.

Kankan, Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com

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