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Labé-Manda : Le trafic paralysé depuis 72 heures, les transporteurs guinéens pris en tenaille

La liaison routière entre Labé et Manda, un axe stratégique pour les échanges entre la Guinée et le Sénégal, est totalement à l’arrêt depuis trois jours. À l’origine de cette paralysie, un mouvement de grève des chauffeurs sénégalais qui a des répercussions immédiates sur leurs homologues guinéens, contraints de suspendre leurs activités. Au-delà de cette crise, ces derniers dénoncent des conditions d’exploitation devenues intenables sur le territoire national.

Depuis le mercredi 1er avril 2026, aucun véhicule n’a quitté Labé à destination de Manda, une situation inédite qui plonge des centaines de passagers dans l’expectative. Le mouvement, initié par des transporteurs sénégalais, trouve son origine dans les difficultés qu’ils rencontrent de l’autre côté de la frontière. Les chauffeurs sénégalais réclament une révision des exigences administratives et sécuritaires imposées par leur État, qu’ils jugent trop contraignantes, a appris Siaminfos.com.

Interrogé par notre correspondant basé à Labé, Mamadou Oury Djindjima Baldé, figure connue de la ligne Labé-Manda sous le nom de Maître Oury Djindjimma, a confirmé l’ampleur de la paralysie. « Nous avons vu sur notre plateforme que les chauffeurs sénégalais souhaitent déclencher une grève de trois jours. Cependant, ils ne nous ont pas officiellement informés. Depuis que nous avons pris connaissance de cette information, aucun de nos chauffeurs n’a quitté l’endroit pour Manda. Nous ne pouvons pas déposer les passagers là-bas sans qu’ils puissent trouver un autre moyen de transport pour le Sénégal », a-t-il expliqué.

Cette décision, prise par solidarité et par pragmatisme, vise à éviter que des voyageurs guinéens ne se retrouvent bloqués en terre sénégalaise, sans possibilité de poursuivre leur route. « Cela fait maintenant trois jours. Si un passager se présente, nous lui expliquons la situation, et nous ne voyageons pas », a ajouté le transporteur.

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Si la grève des chauffeurs sénégalais est le déclencheur immédiat de cette crise, elle met en lumière des difficultés structurelles que subissent les transporteurs guinéens au quotidien. En effet, ces derniers évoluent dans un environnement marqué par des tracasseries routières récurrentes, qui grèvent leur rentabilité et compliquent leurs conditions de travail.

Mamadou Oury Baldé n’a pas manqué de pointer du doigt cette problématique : « Du côté guinéen, nous avons au moins six postes de contrôle de la gendarmerie, où nous sommes contraints de payer 20.000 francs guinéens à chaque barrage. Nous invitons le gouvernement à nous venir en aide en réduisant le nombre de ces barrages, car ce sont eux qui les ont installés et ce sont aussi eux qui en sont responsables. »

Cette situation, vécue comme une double peine par les professionnels du secteur, alimente un sentiment d’abandon alors que la ligne Labé-Manda constitue pourtant une artère vitale pour le commerce et les échanges transfrontaliers.

En attendant une issue au conflit entre l’État sénégalais et ses transporteurs, les responsables de la ligne appellent à la patience. Ils invitent aussi bien les chauffeurs que les passagers à rester calmes, dans l’espoir qu’un dialogue rapide permette de lever ce mouvement et de rétablir un trafic normalisé sur cet axe essentiel.

Labé, Bachir Diallo, correspondant à Labé pour siaminfos.com

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