Procès Manden Fodé – La Lionne : malgré le désistement de la plaignante, le parquet requiert six mois de prison contre l’artiste
Le procès opposant l’artiste Manden Fodé à l’influenceuse Mariama Ciré Kaba, connue sous le pseudonyme de « La Lionne », s’est poursuivi ce mardi 30 juin 2026 devant le tribunal de première instance de Kankan avec l’étape des réquisitions et des plaidoiries.
Avant l’ouverture de l’audience, les deux protagonistes sont arrivés ensemble au palais de justice, main dans la main, avant de prendre place dans la salle d’audience, illustrant la réconciliation intervenue entre eux.
À la barre, Mariama Ciré Kaba a officiellement déposé une lettre de désistement, renonçant ainsi à sa plainte. Toutefois, le ministère public a estimé que cette démarche ne mettait pas fin à l’action publique et a décidé de poursuivre les réquisitions.
S’appuyant sur les dispositions des articles 363 et 365 du Code pénal relatifs à la diffamation, le procureur a demandé au tribunal de retenir Manden Fodé dans les liens de la culpabilité et de le condamner à six mois d’emprisonnement ainsi qu’à une amende de deux millions de francs guinéens.
« Le ministère public requiert qu’il vous plaise de le retenir dans les liens de la culpabilité en le déclarant coupable des faits de diffamation. Qu’il vous plaise de le condamner à une peine d’emprisonnement de six mois et à une amende de deux millions de francs guinéens », a déclaré le procureur.»
Le représentant du ministère public a justifié ces réquisitions par la multiplication des cas de diffamation et d’injures publiques en Guinée, estimant que des sanctions fermes sont nécessaires pour décourager de tels comportements.
« Chaque jour, des personnes diffament, injurient et portent atteinte à l’honneur et à la dignité d’autrui. Il est temps que des décisions de justice servent d’exemple afin de lutter contre ce phénomène », a-t-il soutenu.»
Le magistrat a également exprimé sa confiance envers le président du tribunal, qu’il a présenté comme un défenseur des droits et des libertés publiques, espérant que ses réquisitions seront suivies.
Enfin, le parquet a rappelé qu’en matière pénale, le retrait de la plainte par la victime n’entraîne pas automatiquement l’extinction de l’action publique.
« Le désistement n’entraîne en aucun cas la fin des poursuites, encore moins l’exemption de la personne poursuivie devant votre tribunal », a insisté le procureur.»
Au moment de la mise en ligne de cet article, les avocats de Manden Fodé poursuivaient leurs plaidoiries devant le tribunal. Le jugement n’avait pas encore été rendu.
Mohamed Aly Keita
