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Un Magistrat à la tête de l’ARMP : Almamy Sékou promet transparence et contrôle renforcé des marchés publics

Élu président du Conseil de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), le magistrat Almamy Sékou Camara entend insuffler une nouvelle dynamique à cette institution clé de la commande publique. Dans un entretien exclusif, il dévoile ses premières sensations, les contours de sa mission et ses priorités, entre contrôle accru et adaptation aux grands projets comme celui de Simandou.

Fraîchement élu à la présidence du Conseil de l’ARMP, M. Camara, magistrat et procureur près le tribunal de première instance de Kaloum, confie ses premières impressions : « C’est une considération qui ne dit pas son nom. Siéger dans une telle structure, et en être élu président par ses pairs, est un honneur et une lourde responsabilité. »

Son élection fait suite au départ à la retraite du président sortant, représentant du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget. Pour éviter toute vacance, les neuf membres du Conseil, trois représentants de l’État (Justice, Finances, Primature) et six issus de la société civile et du patronat se sont réunis en session extraordinaire. C’est par un vote au bulletin secret que M. Camara, représentant du ministère de la Justice, a obtenu la majorité absolue. Il assurera la présidence pour le reste du mandat de trois ans, conformément à la loi qui prévoit une rotation entre les trois membres étatiques.

L’ARMP, organe suprême et délibérant de régulation des marchés publics, a pour mission de garantir la liberté d’accès, l’égalité de traitement des candidats et la bonne utilisation des deniers publics. Le magistrat décline ses missions autour de quatre axes majeurs :

· Orientation et gouvernance : définir la politique générale et approuver les programmes d’activité.

· Contrôle et audit : veiller au respect des procédures de passation et d’exécution des contrats, et diligenter des audits.

· Règlement des litiges : traiter les recours entre candidats et autorités contractantes.

· Sanction et discipline : prononcer des exclusions temporaires contre les soumissionnaires ou attributaires fautifs.

« Nous sommes le juge entre les parties pour empêcher les fraudes et les malversations », insiste le président, qui promet d’aller au-delà du contrôle à priori : « Nous contrôlerons aussi à posteriori, et irons sur le terrain pour vérifier la réalité des exécutions. »

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La nouvelle équipe entend marquer son passage par des actions concrètes. Parmi les chantiers prioritaires : la construction du siège de l’Institution et la mise en place de mécanismes de suivi renforcés. Almamy Sékou Camara insiste sur la nécessité de « bannir les mentalités frauduleuses  et de garantir une stricte déontologie des acteurs, de l’élaboration à l’exécution des marchés. Ce, en créant une plateforme d’échanges d’idées et d’expériences pour la ré dynamisation des activités de cette entité. Sans oublier qu’un numéro sera mis à disposition pour signaler toutes les fraudes relatives à la commande publique. Il sera également question de prioriser la formation des acteurs de marchés publics ».

Il voit dans le mégaprojet Simandou une opportunité majeure : « Si les biens de l’État sont gérés à bon escient, cela permettra d’engranger des revenus et de réaliser des infrastructures qui allégeront le panier de la ménagère. » L’ARMP devra donc être particulièrement vigilante pour que ces marchés d’envergure respectent les règles.

Interrogé sur la compatibilité entre ses fonctions de magistrat et de président de l’ARMP, M. Camara rappelle que sa désignation émane du département de la Justice, et que ce poste est « normalement réservé aux magistrats ». La loi autorise ce cumul, qu’il gère par une organisation rigoureuse : audiences à Kaloum les mercredis et vendredis, sessions du Conseil le jeudi. « La tâche est lourde, mais je mesure à sa juste valeur la responsabilité qui m’est dévolue. Je m’organise pour assumer pleinement ces deux fonctions. »

Avec un agenda chargé et des ambitions claires, notre interlocuteur entend faire de l’ARMP un rempart contre les dérives dans la commande publique. « Nous voulons laisser des traces indélébiles, par nos décisions », affirme-t-il. Les prochains mois diront si cette feuille de route se traduira par une régulation plus efficace et une confiance renforcée des acteurs économiques et des citoyens dans les marchés publics.

Bah Mohamed pour Siaminfos.com

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