À l’issue des examens nationaux session 2026, le Syndicat national de l’éducation (SNE) de Guinée a tiré un bilan amer, marqué par ce qu’il qualifie de « commission massive de fraudes sur toute la ligne ». Ce lundi 13 juillet 2026, lors d’un point de presse tenu à Conakry, le secrétaire général du syndicat, Michel Pépé Balamou, a vivement dénoncé les conditions d’organisation de ces épreuves.
Selon lui, la fraude a atteint un niveau sans précédent cette année, à tous les échelons. La particularité de la session 2026 réside, d’après lui, dans l’installation d’une fraude systémique.
« Lorsqu’on parle de fraude systémique, il s’agit de celle commise par ceux-là mêmes qui ont pour mission de la combattre. Je vise ici les autorités éducatives, à tous les niveaux », a-t-il déclaré.
Le syndicaliste a également déploré l’absence de transparence dans la gestion budgétaire des examens. Il estime que l’opacité entourant le coût de l’organisation constitue la première porte ouverte à la corruption.
« La fraude commence par le budget des examens nationaux. Depuis 2018, sous le ministère de K2, il n’y a plus eu de communication officielle sur ce budget. Or, toute volonté de transparence passe d’abord par la publication des montants alloués. En 2016, 2017 et 2018, le budget s’élevait à 70 milliards de francs guinéens. Le ministre de l’époque n’en avait dépensé que 39 milliards et reversé le reste au Trésor public, ce qui ne lui avait pas valu que des amis. Vous savez ce qui lui est arrivé par la suite », a-t-il rappelé.
Il a poursuivi : « Dans un pays qui organise des examens nationaux sans communiquer sur leur coût, c’est le premier signe d’une gestion opaque. »
Michel Pépé Balamou a également fustigé le « choix mafieux » des centres d’examen. Selon lui, les critères élémentaires — capacité d’accueil, accessibilité — sont souvent bafoués au profit d’arrangements occultes.
« Nous avons constaté que certains centres retenus ne disposaient que de sept salles et étaient situés dans des zones enclavées. Or, le choix d’un centre devient une source de fraude lorsqu’il est négocié avec les fondateurs d’écoles, dans le but de favoriser leurs propres candidats. Les surveillants sont parfois recrutés parmi les enseignants de l’établissement, et des élèves de cette école y composent. Dès lors, on voit des enseignants surveiller leurs propres élèves dans leur propre école. C’est une faille évidente », a-t-il dénoncé.
Autre grief : la désignation des surveillants. Elle aurait été faite, selon le syndicat, en totale violation des règles établies.
« Dans certains centres, nous avons eu des informations selon lesquelles des surveillants ne savaient même pas écrire un sujet au tableau. Certains n’étaient pas enseignants. Ils ont eux-mêmes reconnu ne pas savoir comment procéder. Cela révèle une marchandisation de la surveillance, une forme de sous-traitance. On écarte les enseignants qualifiés pour placer des étudiants, des nièces, des cousins, des tantes, des neveux, non pas pour assurer une bonne surveillance, mais pour percevoir les primes attachées à cette mission. Cette pratique s’est également étendue aux délégués et aux superviseurs », a-t-il ajouté.
Enfin, le secrétaire général du SNE a regretté la mise à l’écart des membres du syndicat lors du processus de surveillance, renforçant selon lui le sentiment d’une gestion discrétionnaire et opaque de l’ensemble du dispositif.
Cheick Fantamadi pour Siaminfos.com
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