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Après un an d’exil, les habitants de Bolosso rentrent dans un village dévasté : « Être chez soi n’a pas de prix »

Après près d’un an passé en exil en Côte d’Ivoire, les habitants de Bolosso regagnent progressivement leur village, situé dans la sous-préfecture de Boula, à la frontière ivoiro-guinéenne. Ce retour, rendu possible grâce aux efforts conjoints des autorités administratives, judiciaires ainsi que des forces de défense et de sécurité, intervient plusieurs mois après le conflit intercommunautaire qui les avait opposés aux habitants de Kalaflila.

Si le calme est progressivement revenu, les traces des violences sont encore omniprésentes. À Bolosso, les maisons éventrées, les concessions incendiées et les biens détruits témoignent de l’ampleur des affrontements. Les familles reviennent dans un village où tout ou presque est à reconstruire.

Malgré ce décor de désolation, le soulagement d’être de retour chez elles l’emporte sur les difficultés.

« Nous sommes enfin rentrés chez nous. Aujourd’hui, nous pouvons dormir dans notre village sous la protection des autorités », confie une habitante, visiblement émue.

Une autre femme décrit des conditions de vie extrêmement précaires, mais affirme ne rien regretter.

« Regardez nos maisons, elles sont détruites et la pluie tombe directement sur nous. Malgré tout, nous sommes heureuses d’être revenues. Pendant notre exil, nous ne dormions jamais tranquillement. Aujourd’hui, nous sommes rassurées », raconte-t-elle.

Le même sentiment est partagé par Karifala Diakité, revenu après plus d’une année passée en Côte d’Ivoire.

« Nous ne savons même pas où nous allons dormir ni ce que nous allons manger, parce que tout a été détruit dans notre village. Mais nous préférons rester chez nous plutôt que de vivre chez les autres comme des réfugiés. Être chez soi n’a pas de prix », affirme-t-il.

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En attendant une aide plus conséquente, les habitants tentent de s’organiser avec les moyens disponibles. La solidarité est devenue indispensable pour faire face aux besoins quotidiens.

« Celui qui possède un kilo de riz le partage avec les autres. Certains apportent de la farine ou de la poudre de manioc. Pour le moment, la majeure partie de notre nourriture provient encore de Côte d’Ivoire », explique Karifala Diakité.

Si le retour des populations de Bolosso constitue une avancée vers un retour à la normale, la situation demeure fragile. Une partie des habitants de Kalaflila continue d’émettre des réserves sur cette réinstallation, tandis que les forces de défense et de sécurité restent mobilisées afin de prévenir tout nouvel affrontement.

Au-delà du retour, les défis restent considérables : reconstruire les habitations, relancer les activités agricoles, rétablir les services sociaux de base et accompagner des familles qui ont tout perdu.

Pour ces hommes et ces femmes revenus d’exil, une conviction demeure toutefois intacte : malgré les ruines, l’incertitude et les difficultés, rien ne remplace la terre de ses ancêtres. Ils ont choisi de rebâtir leur avenir chez eux, à Bolosso.

Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com

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