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TPI Lelouma : trois jeunes filles jugées pour homosexualité, leur procès renvoyé au 30 juillet

L’affaire fait grand bruit dans la ville de Lelouma. Trois jeunes filles, soupçonnées de pratiques homosexuelles, ont été interpellées puis placées en détention dans des conditions qui suscitent autant d’émoi que de questions. Leur procès, ouvert jeudi dernier devant la justice de paix locale, a été renvoyé au jeudi 30 juillet prochain.

Tout a commencé aux abords de la boîte de nuit « Lelou Plus », un lieu de divertissement prisé de la ville. Selon des sources concordantes, une vive dispute aurait éclaté entre trois jeunes filles, toutes originaires de Lelouma. Les échanges, d’abord verbaux, auraient rapidement dégénéré, attirant l’attention des forces de l’ordre. Sur place, les unités de défense et de sécurité ont interpellé les trois protagonistes.

C’est au cours de cette altercation que les faits reprochés auraient été révélés au grand public. Placées en garde à vue, les trois filles, dont l’identité n’a pas été divulguée par les autorités judiciaires, auraient reconnu les accusations portées contre elles, selon des sources proches du dossier.

Joint au téléphone par notre rédaction, Mariama Kouyaté, directrice préfectorale de la femme, de la famille et des solidarités, a apporté des précisions sur les circonstances de l’interpellation. « Selon ce qui m’a été rapporté, ces trois filles se disputaient près de la boîte de nuit et tout est parti d’une histoire de jalousie entre elles. Après la dispute, elles ont été interpellées par les unités de défense et de sécurité », a-t-elle confié.

Mme Kouyaté a également indiqué s’être rendue à la gendarmerie pour prendre des nouvelles des jeunes filles. « Je suis allée à la gendarmerie et j’ai salué ces trois filles. Malheureusement, je n’ai pas eu trop de temps pour échanger avec elles. Les gendarmes m’ont dit que leurs dossiers étaient prêts pour être déférés à la justice. Selon ce qui m’a été dit, ces trois filles se sont livrées à l’homosexualité. C’est par après que l’une d’entre elles a été jalouse et qu’il y a eu une dispute », a-t-elle expliqué.

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Lors de l’audience préliminaire tenue jeudi dernier, les trois prévenues ont, d’après nos informations, réitéré leurs aveux. Le tribunal de paix de Lelouma a toutefois décidé de renvoyer l’affaire à la semaine prochaine, sans que les raisons de ce report n’aient été officiellement communiquées.

Cette affaire soulève de vives réactions dans la région, où les questions relatives aux droits des minorités sexuelles restent particulièrement sensibles et souvent tues. En Guinée, l’homosexualité est considérée comme un délit, passible de peines allant de six mois à trois ans d’emprisonnement, ainsi que d’une amende, conformément à l’article 325 du Code pénal.

Pour l’heure, les trois jeunes filles demeurent en détention dans l’attente de leur nouvelle comparution. La justice de paix de Lelouma devra déterminer, le 30 juillet prochain, la suite à donner à ce dossier qui divise l’opinion locale entre appel à la clémence et rigueur de la loi.

Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com

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