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Crise de la viande à Labé : la préfecture convoque une réunion d’urgence, la boucherie reste fermée

La commune urbaine de Labé est secouée par une crise sans précédent dans le secteur de la viande. Après la décision surprise de fermer la boucherie municipale, le préfet a réuni l’ensemble des acteurs concernés ce lundi pour tenter de trouver une issue à une situation qui dégénère. Si des pistes de solution ont été esquissées, la boucherie restera fermée jusqu’à nouvel ordre, en attendant l’arbitrage du gouverneur de la région.

Suite à la fermeture administrative de la boucherie, intervenue hier dimanche 16 août, le préfet de Labé, Mohamed Cheick Keita, a convié ce lundi 17 août les parties prenantes à une rencontre d’urgence dans la salle de réunion de la préfecture.

Autour de la table, ont pris part les autorités communales, la chambre régionale du commerce, les directeurs préfectoraux du commerce, de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que les représentants de la corporation des bouchers. Une mobilisation totale pour tenter de désamorcer une crise qui affecte directement le pouvoir d’achat des populations et la viabilité économique des commerçants.

Le maire de la commune urbaine de Labé, Al Habib Bah, s’est félicité de cette initiative rapide. « D’abord, nous remercions le préfet de Labé qui a sitôt intervenu quand il a appris, par notre voix, la fermeture de la boucherie et a appelé à cette réunion de crise pour qu’on trouve une solution durable », s’est-il réjoui en ouverture des travaux.

Au cœur des échanges, les bouchers ont exprimé sans détour leurs difficultés quotidiennes. Ils ont unanimement reconnu ne plus être en mesure de revendre le kilogramme de viande au prix officiel de 50 000 francs guinéens. Une situation intenable qui les contraint à vendre à perte, alors que les coûts d’approvisionnement ne cessent de s’envoler.

En effet, les bouchers de Labé s’approvisionnent principalement dans les marchés à bestiaux de Lelouma, Koubia et dans la localité de Konah, située dans la préfecture de Tougué. À ces coûts d’achat s’ajoutent les frais de transport et les divers prélèvements, rendant la marge bénéficiaire quasi inexistante.

Dans son intervention, le préfet Mohamed Cheick Keita a rappelé le contexte ayant conduit à la fermeture de la boucherie. Il a souligné que des efforts avaient été engagés dès sa prise de fonction, en lien avec le gouverneur, pour stabiliser le secteur de la distribution de viande. Malgré ces tentatives, la situation a récemment dérapé.

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« Il s’est avéré à un moment donné que les prix avaient commencé à aller dans tous les sens, chacun fixant le prix à sa propre guise. Mais, les dernières semaines, nous avons vu que les prix s’envolaient jusqu’à hauteur de 70, voire 80 000 francs guinéens par endroit », a-t-il déploré. Face à cette anarchie, le maire a pris une mesure conservatoire en fermant les boucheries, le temps de tirer les choses au clair.

À l’issue de la rencontre, plusieurs résolutions ont émergé, qui seront officiellement soumises au gouverneur de la région. Le préfet Keita a détaillé les axes principaux :

1. Revalorisation du prix plafond : Les acteurs ont plaidé pour une révision du prix du kilogramme de viande à 60 000 francs guinéens, afin de permettre aux bouchers de couvrir leurs coûts et de dégager une marge viable.

2. Suppression des intermédiaires : Il a été décidé de mettre fin aux négociations et aux spéculations des intermédiaires, communément appelés lombotobhè, qui grèvent les prix à la source.

3. Rencontre régionale : Une suggestion a été faite au gouverneur d’organiser une rencontre élargie avec les négociants de bétails des grands marchés régionaux pour traiter à la racine la difficulté d’approvisionnement.

Dans l’immédiat, la population devra patienter. Le maire Al Habib Bah a réitéré sa décision de maintenir la fermeture de la boucherie jusqu’à nouvel ordre, en attendant que le gouverneur se prononce sur les propositions soumises.

« En attendant, la boucherie est fermée et nous allons voir le gouverneur par rapport à tous ces points. Je demande aux citoyens de faire preuve de patience pour qu’on trouve une solution durable à cette crise. Les mesures que nous voulons prendre sont dans l’intérêt de tout le monde. Bouchers et citoyens sont tous nos concitoyens », a-t-il conclu.

Entre-temps, le préfet a suggéré une réouverture temporaire basée sur l’ancien prix de 50 000 francs, en attendant que le gouverneur statue définitivement sur les nouvelles résolutions, qui devraient lui être soumises d’ici demain.

La journée de ce lundi restera comme un tournant dans la gestion de cette crise, mais la solution durable, elle, semble encore suspendue à une décision politique de plus haut niveau.

Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com

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