Conakry: À Yimbaya Permanence, Les derniers gardiens du balafon se battent contre l’oubli, un héritage ancestral au bord de l’extinction
À Yimbaya Permanence, dans la capitale guinéenne, quelques ateliers continuent de faire vivre la fabrication du balafon, un instrument emblématique des traditions musicales africaines. Face aux difficultés du métier, les artisans appellent à un soutien accru pour préserver ce savoir-faire ancestral et le transmettre aux jeunes générations.
Sans soutien, le balafon va disparaître – le cri d’alarme des artisans de Yimbaya
La musique traditionnelle guinéenne repose sur un héritage culturel riche, transmis de génération en génération. Mais certains savoir-faire liés à la fabrication des instruments traditionnels sont aujourd’hui confrontés à des difficultés. C’est notamment le cas du balafon, dont la confection se poursuit dans quelques rares ateliers de Yimbaya Permanence.
Au milieu de cette réalité, des artisans refusent de voir disparaître une pratique qui occupe une place importante dans la mémoire culturelle africaine. Parmi eux figure Fodé Camara, maître fabricant et musicien traditionnel, qui perpétue un savoir-faire hérité de ses aînés.
Pour lui, préserver le balafon revient à maintenir vivant un héritage familial et culturel. « Nous ne voulions pas laisser cet instrument disparaître après le départ de nos aînés. Ils nous ont appris à le fabriquer et, jusqu’à présent, nous continuons à perpétuer ce savoir-faire », explique-t-il.
Au-delà de sa dimension musicale, le balafon représente également un symbole identitaire pour les communautés qui le pratiquent. Ses sonorités accompagnent différentes expressions culturelles et témoignent de la richesse des traditions africaines.
Lansana Kouyaté, lui aussi engagé dans la fabrication de cet instrument, insiste sur son importance dans la préservation des racines culturelles du continent.
« C’est l’identité ancestrale de l’Afrique. Cet instrument est utilisé sur tout le continent. Ce serait vraiment regrettable d’oublier nos racines, car oublier le balafon, c’est aussi oublier notre patrimoine culturel », souligne-t-il.

Cependant, la volonté de ces artisans ne suffit pas toujours à garantir la pérennité de leur activité. Les difficultés auxquelles ils sont confrontés compliquent la poursuite de leur travail et la transmission de leurs connaissances.
Face à cette situation, ils sollicitent l’accompagnement des autorités afin d’améliorer leurs conditions de travail, de valoriser leur métier et d’encourager les jeunes à s’intéresser à la fabrication des instruments traditionnels.
Pour ces gardiens du savoir-faire ancestral, l’enjeu dépasse la seule préservation d’un instrument de musique. Il s’agit aussi de protéger une partie de l’identité culturelle guinéenne et africaine, afin que les générations futures puissent continuer à découvrir et à faire vivre cet héritage.
Alhassane Daffé, pour siaminfos.com
