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Dar-Es-Salam : près de trois décennies de pollution derrière la décharge

La fermeture de la décharge de Dar-Es-Salam marque, selon le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, une étape majeure dans la lutte contre la pollution à Conakry. Lors de la cérémonie de lancement du projet de réhabilitation du site, Aboubacar Camara a dressé un bilan préoccupant de ses conséquences environnementales et sanitaires après près de trente années d’exploitation.

Le ministre a d’abord rappelé le drame du 23 août dernier, marqué par un éboulement qui a coûté la vie à 36 personnes, dont des ressortissants sierra-léonais. Des habitations ont également été détruites, laissant plusieurs familles endeuillées et des sinistrés dans une situation difficile.

Au-delà de cette tragédie, le responsable du département de l’Assainissement a mis en avant l’ampleur de la pollution accumulée sur le site. Selon les estimations présentées dans son discours, plus de neuf millions de mètres cubes de déchets, représentant environ 7,2 millions de tonnes, s’y sont entassés au fil des années.

Cette accumulation aurait également entraîné le rejet d’environ 250 000 tonnes de méthane dans l’atmosphère, soit l’équivalent de six millions de tonnes de CO₂, selon les chiffres avancés par le ministre. Il a aussi évoqué les écoulements de liquides issus des déchets, qui auraient contaminé les sols et les milieux environnants.

Les conséquences sur les populations riveraines constituent un autre volet de ce bilan. Aboubacar Camara estime qu’entre 150 000 et 250 000 personnes ont vécu quotidiennement à moins de deux kilomètres de la décharge. Sur une période de 25 ans, près d’un demi-million de personnes auraient été exposées à ses nuisances.

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Fumées, gaz, prolifération de mouches et de rongeurs : le ministre a décrit un environnement ayant, selon lui, exposé les habitants à différents risques sanitaires, notamment des problèmes respiratoires. Il a également évoqué la situation des récupérateurs de déchets, dont certains auraient subi des conséquences sur leur santé.

Pour Aboubacar Camara, la fermeture de cette décharge constitue ainsi une décision déterminante pour la protection des populations et l’amélioration du cadre de vie dans la capitale.

« Sa fermeture n’est donc pas une réussite parmi d’autres, elle est la condition de toutes les autres », a-t-il affirmé.

Le projet de réhabilitation prévoit notamment la stabilisation du massif de déchets, la mise en place d’une couverture étanche, un système de drainage ainsi que le captage et le traitement des gaz. Des interventions destinées à réduire les risques d’éboulement, d’incendie et de pollution.

Pour le ministre, l’enjeu est désormais de faire en sorte que les populations ne soient plus exposées aux dangers qui ont marqué l’histoire de ce site.

Hassane Diallo,pour siaminfos.com

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