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CAMEROUN: 446 MILLIARDS FCFA PERDUS EN 3 MOIS – Les fonds vautours des îles Caïmans saignent Yaoundé (Enquête)

En trois mois seulement, l’État du Cameroun a été condamné à payer 446 milliards FCFA à des créanciers étrangers. Derrière l’affaire Garoubé, un système est dénoncé: des fonds vautours basés aux Îles Caïmans qui financent des procès contre l’État et empochent les milliards. Enquête.

YAOUNDÉ – Paris, 5 octobre 2026. La juge de l’exécution du Tribunal judiciaire de Paris rend une décision qui passe inaperçue à Yaoundé mais qui coûte cher au contribuable camerounais: elle maintient la saisie de 11,7 milliards FCFA (17,8 millions d’euros) sur les avoirs du Cameroun en France.

C’est l’épilogue d’un contrat signé en 2001.

L’affaire Garoubé: un ranch de 40 000 hectares qui tourne au cauchemar

Le 14 novembre 2001, l’État du Cameroun signe un contrat d’affermage avec la société Projet Pilote Garoubé (PPG) pour l’exploitation d’un ranch agro-pastoral de 40 000 hectares dans le nord du pays.

Le contrat est résilié. PPG attaque. Le 22 septembre 2021, le tribunal arbitral condamne le Cameroun à verser 17,88 millions d’euros pour résiliation abusive.

Mais ce n’est pas PPG qui va toucher l’argent. En septembre 2020, pour financer son procès, la société avait signé une convention avec CFS 37 Funding LP, un fonds d’investissement basé aux Îles Caïmans. Le fonds avance 1,091 million d’euros. En échange, il récupère la créance.

En février 2026, c’est ce fonds qui obtient la saisie des avoirs camerounais en France. Yaoundé tente de l’annuler. En vain. Le 5 octobre, la justice française confirme: le Cameroun doit payer au fonds.

446 milliards en trois mois, le système qui saigne le Cameroun

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L’affaire Garoubé n’est pas isolée. Selon un décompte de la presse locale, entre juillet et septembre 2026, l’État camerounais a été condamné par trois juridictions internationales à payer 446 milliards FCFA, soit près de 700 millions d’euros, à trois créanciers étrangers.

Trois continents, trois secteurs différents – pétrole, BTP, mines – même sanction: le Cameroun a perdu.

« Ces condamnations sont le révélateur d’une gouvernance par l’incompétence, le mépris et l’impunité », dénonce l’homme politique Joseph Espoir Biyong.

Pour l’économiste Serge Alain Goddong, cité par RFI, « les dirigeants camerounais ont un arrimage très lacunaire vis-à-vis des normes internationales ».

La question qui fâche: à qui profite l’échec de l’État ?

Pendant que le pays perd des milliards, certains font des affaires. Les fonds d’investissement spécialisés dans le financement de litiges – les « fonds vautours » – ont compris que la mauvaise gouvernance africaine est un placement rentable: ils financent des procès contre des États, récupèrent les créances à prix cassé, puis saisissent les ambassades, les comptes bancaires et les avions présidentiels en Europe.

Le Cameroun, avec une dette publique qui explose et des caisses vides, est devenu une cible de choix.

À Conakry, à Dakar, à Abidjan, la leçon est la même: un contrat mal négocié aujourd’hui, c’est une saisie demain à Paris ou à Londres. Et ce sont les écoles, les hôpitaux et les routes qui paient.

A16, pour siaminfos.com

Tél: 624397476

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