AFRIQUE DE L’EST
ARUSHA / KAMPALA – C’est un procès qui pourrait changer la vie de millions de petits commerçants en Afrique de l’Est.
Ce mercredi 4 novembre 2026, un citoyen ougandais, Mawa Kazini, a déposé une plainte devant la Cour de Justice de la Communauté d’Afrique de l’Est (EACJ) à Arusha, contre le Kenya et le Soudan du Sud.
En cause: des directives qui interdisent aux étrangers, y compris aux autres Est-Africains, de faire du petit commerce.
À Juba, depuis le 5 octobre 2026, les autorités ont ordonné l’expulsion des étrangers des petits commerces informels, des stands de nourriture de rue, des boda-boda (motos-taxis) et de la vente de légumes.
À Nairobi, depuis le 2 septembre 2026, des opérations similaires visent les étrangers dans le commerce informel.
L’angle pointu: Kazini invoque le Traité de la Communauté d’Afrique de l’Est et le Protocole du Marché Commun, qui garantissent la libre circulation et le droit d’exercer une activité économique dans tous les États partenaires.
C’est exactement le même débat qu’en Afrique de l’Ouest avec la CEDEAO: un marché commun peut-il tolérer que ses propres membres chassent les commerçants voisins au nom de la préférence nationale ? La décision de la Cour d’Arusha fera jurisprudence pour toute l’Afrique.
Pendant ce temps, à Nairobi, la Banque mondiale a relevé ce même 4 novembre sa prévision de croissance du Kenya à 4,6% pour 2026, mais en lançant un avertissement cinglant: la corruption coûte au pays 2% de son PIB par an et reste « la principale contrainte » à son développement.
A16 Siaminfos.com