Disparitions forcées, détentions arbitraires, passages à tabac, tribunaux fermés. Le rapport choc de Human Rights Watch sur la Zambie post-électorale accuse le Président réélu Hakainde Hichilema d’avoir écrasé l’opposition après le scrutin du 13 août. Son principal rival, Brian Mundubile, est en prison, accusé de trahison.

Lusaka, 8 novembre 2026 – L’homme qui était présenté comme le champion de la démocratie en Afrique australe est aujourd’hui accusé de l’avoir piétinée.
Dans un rapport publié ce lundi 2 novembre, Human Rights Watch (HRW) dénonce une « répression généralisée » exercée par le gouvernement zambien contre l’opposition après les élections générales du 13 août, où le Président Hakainde Hichilema a obtenu un second mandat de 5 ans avec 60,5% des voix, contre 37,9% pour l’opposant Brian Mundubile.
Ce que dit HRW
Selon l’ONG, la police et l’armée zambiennes ont exécuté « des disparitions forcées, des détentions arbitraires, des passages à tabac et des menaces contre des membres et sympathisants de l’opposition, ainsi que contre des avocats, des journalistes et des critiques du gouvernement, pendant les jours qui ont précédé et suivi les élections ».
Le rapport documente 14 cas survenus en août.
Le plus grave: la police a confirmé la mort de l’ex-député et ex-ministre Mutotwe Kafwaya, tué par balle lors d’une opération contre une supposée milice à Lusaka, au lendemain des élections. Onze personnes, dont des membres de l’opposition, ont été arrêtées ce jour-là.
Les tribunaux fermés, l’opposition en prison
Entre le 24 et le 28 août, les autorités ont suspendu les services judiciaires, empêché le dépôt de recours contre les résultats de la présidentielle, et fermé et bouclé les sièges des tribunaux.
Résultat: 18 personnes accusées de trahison, dont deux également pour sédition.
Parmi elles: Brian Mundubile, le candidat malheureux, détenu avec son colistier Makebi Zulu et 16 autres personnes.
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé à cesser « l’intimidation ».
Le paradoxe Hichilema
Ironie de l’histoire: en 2021, Hichilema était lui-même arrivé au pouvoir après avoir été emprisonné par son prédécesseur Edgar Lungu. Il était devenu le symbole de la résistance démocratique en Zambie.
Cinq ans plus tard, ses détracteurs l’accusent de reproduire les méthodes qu’il dénonçait.
Le gouvernement zambien rejette les accusations de HRW. Mais le mal est fait: la Zambie, autrefois modèle de stabilité, entre dans la liste des pays où la victoire électorale se transforme en chasse aux opposants.
La rédaction, Siaminfos.com