Jamais vu sous la Ve République: l’Assemblée nationale a rejeté le budget 2027 à l’unanimité, 458 voix contre 0. Dans la rue, 4e samedi de mobilisation, 146 000 manifestants selon la police, 250 000 selon les syndicats, 360 interpellations. Macron parle de « sédition ». 18 blessés portent plainte contre le ministre de l’Intérieur. La France est en crise.

Paris, 8 novembre 2026 – La France n’a plus de budget. Et elle a une rue en colère.
Le 458-0 qui a sidéré Paris
Mardi 4 novembre au soir, l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances 2027 par 458 voix contre 0, y compris les voix des députés de la majorité.
Tout ce qui avait été voté en trois semaines d’amendements est effacé. Le texte du Premier ministre Sébastien Lecornu part au Sénat dans sa version initiale.
En cause: un plan d’austérité de 54 milliards d’euros de coupes, pour réduire un déficit public qui frôle 5% du PIB. La dette française devrait atteindre 121,7% du PIB l’an prochain. Le taux du bon du Trésor français à 30 ans est à 5,33%, le plus élevé du G7.
Le gouvernement peut, à partir du 17 décembre, faire passer son budget par ordonnance, sans vote. Une bombe démocratique en préparation.
Samedi: 146 000 dans la rue, 70 000 policiers
Samedi 7 novembre, 4e samedi de mobilisation contre la vie chère et pour l’école: 146 000 manifestants selon le ministère de l’Intérieur, 250 000 selon les syndicats, 360 interpellations.
70 000 policiers et gendarmes déployés. Manifestations interdites à Paris, Lyon, Lille et Grenoble. Les « gilets jaunes » annoncés pour le samedi suivant.
Le 5 novembre, c’était déjà 600 000 personnes selon la police, 1,6 million selon la CGT, avec 53 policiers blessés.
« Sédition », dit Macron
Jeudi, depuis l’Élysée, Emmanuel Macron a accusé les « ultra-gauches » d’actes « séditieux » visant à « faire tomber la République », après les émeutes du week-end, les pillages de magasins et les 2 700 gardes à vue.
Il a annoncé l’interdiction de toutes les manifestations « illégitimes » dans les prochains jours.
La plainte qui fait trembler Nuñez
Vendredi 6 novembre, des avocats représentant au moins 18 blessés ont annoncé une plainte collective devant la Cour de justice de la République contre le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour usage de la force ayant entraîné des blessures graves.

Parmi les victimes: un jeune de 15 ans qui a perdu une main à cause d’une grenade de désencerclement. Au total, au moins 20 blessés graves depuis mi-septembre, dont de nombreux mineurs. 105 enquêtes internes de police ouvertes au 30 octobre.
Me Arié Alimi: Nuñez a « ordonné l’utilisation d’armes qu’il savait mutilantes ».
Le ministre se défend: la police a agi « dans le cadre légal », avec « un maximum de retenue ».
Et Mélenchon en profite
Pendant ce temps, au Bourget, Jean-Luc Mélenchon a présenté son nouveau programme « L’Avenir en commun »: 1 069 mesures, retraite à 60 ans, SMIC à 1 700 euros net, sortie du nucléaire, désobéissance aux traités européens sans sortir de l’UE.
Et le PCF a exclu 9 de ses députés qui ont rejoint Mélenchon.
À 6 mois de la présidentielle, avec l’extrême droite en tête des sondages, la France est en ébullition. Le rendez-vous de lundi: une conférence sociale à Matignon, avec une hausse du SMIC de… 0,6%.
La rue risque de ne pas s’en contenter.
A16, pour Siaminfos.com