La procédure judiciaire visant la gestion de la Pharmacie centrale de Guinée franchit une nouvelle étape avec le placement sous mandat de dépôt de dix responsables, dont son directeur général, Labilé Sagno.
Le dossier de la Pharmacie centrale de Guinée (PCG-SA) prend une nouvelle tournure devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Labilé Sagno, directeur général de l’institution, ainsi que neuf autres responsables ont été placés sous mandat de dépôt.
Cette décision intervient après l’ouverture d’investigations judiciaires sur plusieurs aspects de la gestion de cette société publique chargée de l’approvisionnement des structures sanitaires en médicaments et produits de santé.
Au cœur de la procédure figurent notamment des soupçons de détournement de deniers publics, des irrégularités présumées dans l’attribution de marchés et des anomalies relevées dans la gestion des stocks pharmaceutiques.
Les enjeux financiers de cette affaire sont particulièrement importants. Selon les éléments d’un rapport évoqué dans le cadre des investigations, la PCG-SA aurait enregistré une perte nette de 100,68 milliards de francs guinéens en 2025. Un inventaire aurait également fait ressortir des stocks de médicaments périmés ou détériorés évalués à 85,67 milliards GNF au prix de vente.
Au-delà des responsabilités individuelles, cette procédure soulève des interrogations sur les mécanismes de contrôle et de gestion d’une structure stratégique pour le système sanitaire guinéen.
Le placement sous mandat de dépôt constitue une mesure judiciaire et ne vaut pas déclaration de culpabilité. Les personnes concernées restent présumées innocentes jusqu’à une décision définitive de justice.
Hassane Diallo, pour siaminfos.com
