Élection des maires à Matoto : des conseillers dénoncent des manœuvres irrégulières et des procurations…
Ce jeudi 2 juillet 2026, conformément au calendrier électoral, les 342 conseils municipaux de Guinée procèdent à l’installation de leurs nouveaux bureaux ainsi qu’à l’élection des maires et de leurs adjoints. Si l’opération se déroule dans le calme sur une grande partie du territoire, la commune de Matoto, à Conakry, est en proie à des tensions et à des accusations de pratiques douteuses.
Selon des témoignages recueillis par notre rédaction, plusieurs conseillers municipaux auraient été empêchés d’accéder à la salle où se tient le scrutin. Certains se sont vu opposer des procurations qu’ils déclarent ne pas avoir signées, ni même connaître.
« Nous sommes dans la cour de la mairie de Matoto, et la situation est critique. Les membres de la GMD empêchent les conseillers élus qui ne partagent pas leur ligne politique d’entrer, sous prétexte qu’ils auraient signé des procurations. Or, nous sommes physiquement présents. Ils ont refoulé plusieurs d’entre nous et nous ont maintenus à l’extérieur », a dénoncé Moussa Saran Camara, conseiller élu sous la bannière du Rassemblement Guinéen du Travail (RGT), joint par notre rédaction.
L’intervention de la gouverneure de la ville de Conakry a d’abord apporté une lueur d’espoir. « Madame la Gouverneure a ordonné que tout le monde soit autorisé à entrer, ce qui a été fait », a précisé l’élu. Mais cette accalmie a été de courte durée : selon lui, la représentante de l’État s’est ensuite enfermée pendant plus d’une heure avec les seuls responsables de la GMD, laissant les autres conseillers dans l’attente.
« Après cet entretien à huis clos, le secrétaire général de la mairie est sorti pour nous donner lecture d’une procuration. Or, une procuration n’est valable qu’en cas d’absence du mandant. Nous étions tous présents, et pourtant on nous a attribué des signatures que nous ne reconnaissons pas. Ces documents sont en train d’être pris en compte, alors qu’ils ont été fabriqués de toutes pièces », a-t-il ajouté, qualifiant ces agissements d’« contraires à la loi ».
« Nous, conseillers élus, dénonçons fermement cette attitude. Elle n’a aucun fondement juridique. On ne peut pas nous imposer des procurations alors que nous sommes sur place, prêts à exercer notre mandat », a martelé Moussa Saran Camara.
Pour l’instant, l’accès à la salle de vote reste strictement contrôlé, et les journalistes présents sur les lieux se voient également refuser l’entrée, ce qui rend difficile toute vérification indépendante des faits.
La situation demeure donc tendue dans la commune de Matoto, où les partisans de la GMD et les autres conseillers élus s’opposent sur la régularité du processus. Alors que l’installation des nouveaux bureaux municipaux doit se conclure dans la journée, ces irrégularités présumées pourraient compromettre la crédibilité du scrutin à l’échelle locale.
Cheick Fantamadi pour Siaminfos.com
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