Au lendemain des élections législatives israéliennes du 27 octobre 2026, les tractations politiques s’intensifient autour de la formation du prochain gouvernement. Le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, a réaffirmé samedi 31 octobre sa volonté de constituer une large coalition et précisé les quatre principes auxquels devront adhérer les députés souhaitant y prendre part.
Dans une déclaration faite après une rencontre avec le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne a indiqué que les portes de sa future coalition resteraient ouvertes à tout élu disposé à accepter ces orientations.
Le premier principe porte sur la reconnaissance d’Israël comme un État juif, démocratique, libéral et égalitaire. Le deuxième exige un engagement en faveur des valeurs inscrites dans la Déclaration d’indépendance du pays.
Le troisième concerne l’instauration d’un service obligatoire pour tous les citoyens, qu’il soit militaire, national ou civil. Enfin, le quatrième principe porte sur la reconnaissance du Hamas comme organisation terroriste et le démantèlement de ses capacités militaires et de gouvernance dans la bande de Gaza.
« Tout député prêt à adhérer à ces principes constitue un partenaire potentiel pour la formation d’un nouveau gouvernement », a fait savoir Eisenkot, qui entend bâtir une coalition aussi large que possible autour de ces orientations.
Cette initiative intervient dans un contexte parlementaire sans majorité clairement constituée. À l’issue du scrutin, le bloc associé à Benjamin Netanyahu a obtenu 53 sièges, contre 48 pour le camp d’opposition conduit par Eisenkot. Les partis arabes disposent, quant à eux, de 19 sièges au sein de la Knesset, qui en compte 120.
Aucun des deux principaux blocs ne dispose donc, à lui seul, des 61 sièges nécessaires pour former une majorité parlementaire.
Face à cette configuration, Eisenkot appelle ses partenaires politiques à élargir leur coopération afin de traduire les résultats du scrutin en une nouvelle équipe gouvernementale. Il souhaite notamment éviter la tenue d’un nouveau scrutin, qui prolongerait l’incertitude politique.
Au-delà de la formation de la coalition, le dirigeant de Yashar a également présenté plusieurs priorités pour le prochain gouvernement. Il plaide notamment pour la création d’une commission nationale d’enquête, l’élargissement des effectifs militaires, l’amélioration des conditions accordées aux personnes servant dans les forces de défense ainsi que la mise en place d’un service obligatoire pour tous les citoyens.
Il souhaite également revenir sur les lois liées à la réforme judiciaire engagée par le gouvernement précédent, un dossier qui a profondément divisé la société israélienne.
Sur le plan sécuritaire, Eisenkot a précisé que, dans l’attente de la formation d’un nouvel exécutif, il ne soutiendrait une éventuelle opération militaire contre l’Iran qu’en cas de menace directe et immédiate contre Israël.
Les prochaines négociations entre les différentes formations politiques seront déterminantes pour l’avenir institutionnel du pays. La capacité de Gadi Eisenkot à rallier suffisamment de députés autour de ses quatre principes constituera l’un des principaux enjeux de cette phase de formation gouvernementale.
