Kankan : la coordination des associations Islamiques et des responsabilités des écoles franco-arabes répondent à Tato de Porto
Kankan fait face à une vive polémique après les récentes déclarations d’Oumar Traoré, alias Tato de Porto, qui ont suscité l’indignation au sein de la communauté religieuse locale. Sur les réseaux sociaux, le communicateur avait affirmé que les écoles franco-arabes « n’apportent rien à la Guinée » et qu’elles seraient « des lieux où l’on forme des rebelles ». Des propos jugés diffamatoires et offensants.
En réaction, la coordination des associations Islamiques et des responsables des écoles franco-arabes de Kankan ont tenu ce jour une conférence à la maison de la presse pour répondre publiquement. Ils ont justifié le choix de ce cadre plutôt que les réseaux sociaux, qu’ils qualifient de « dépotoir », afin de réagir de manière responsable et mesurée.
« Notre grande religion a été rabaissée. Les lieux où elle s’enseigne ont été rabaissés. Celui qui dénigre ces espaces d’apprentissage dénigre aussi les apprenants et, par ricochet, le Prophète Mohamed (PSL) lui-même », a affirmé Djiba Sidibé, responsable de l’association.
Les intervenants ont souligné que les écoles coraniques et franco-arabes jouent un rôle central dans l’éducation religieuse et sociale du pays. « Ces écoles sont des lieux où l’on apprend à connaître Dieu. Elles sont des institutions éducatives comme toutes les autres. Nous saluons d’ailleurs les autorités qui œuvrent à renforcer l’existence et la structuration des écoles coraniques en Guinée », ont-ils ajouté.
La coordination a également rappelé que de nombreuses personnalités religieuses locales, impliquées dans les mariages, baptêmes et funérailles, sont issues de ces écoles. « Même le premier imam de la grande mosquée Fayçal est formé dans une école coranique. Cela suffit à montrer leur importance », ont-ils insisté.
Dans leur allocution, les responsables ont appelé les autorités, notamment le Président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, à renforcer la régulation du secteur de la communication. « La communication pour la nation doit être confiée à des personnes bien formées. Ceux qui veulent être communicateurs doivent suivre une formation sérieuse, sinon ils risquent de créer des problèmes dans ce pays », ont-ils averti.
Face à la gravité des propos, la Coordination a également invité les fidèles à se tenir à l’écart de Tato de Porto et de ses activités, tout en laissant une possibilité de réconciliation. « Là où il se trouve, qu’il cherche un imam de la localité et qu’il demande pardon publiquement sur les réseaux sociaux. À défaut, nous nous verrons dans l’obligation de saisir la justice », ont-ils prévenu.
Mohamed Aly Keita pour Siaminfos.com
