À Kaporo Rail, dans le secteur 8, communément appelé Kidal, les opérations de déguerpissement ont laissé plusieurs occupants dans le désarroi. Des cabarets, des bars de fortune et des commerces installés sur le domaine public ont été démolis lors d’une opération menée par les forces de police et de gendarmerie.
Au-delà de la destruction de leurs lieux de travail, certaines personnes affirment avoir également perdu leur abri. C’est le cas d’Aboubakar Fadiga et d’Ibrahim Camara, deux ressortissants sierra-léonais qui exercent des activités ouvrières à Conakry.
« Désormais, nous sommes là et nous ne savons pas où aller. On nous avait demandé de libérer les lieux au mois de décembre, mais nous ne nous attendions pas à cette situation. Nous sommes des ouvriers qui nous débrouillons avec les sociétés d’ici. Nous demandons aux autorités de penser à nous », témoigne l’un d’eux.
La situation inquiète également Maïmouna Diawara, elle aussi originaire de la Sierra Leone. Elle affirme ne pas disposer des moyens nécessaires pour se trouver un logement dans la capitale guinéenne.
De son côté, Ibrahim Camara sollicite l’intervention des autorités afin qu’une solution soit trouvée pour les personnes affectées par cette opération.
« Après la démolition de nos dortoirs, nous demandons à l’État de nous trouver un endroit où aller ou de nous aider à rejoindre nos pays respectifs. Nous nous préparions à quitter les lieux au mois de décembre, comme cela avait été convenu, mais les choses ne se sont pas passées ainsi », explique-t-il.
Ces déguerpissements s’inscrivent dans le cadre des mesures visant à lutter contre l’insécurité urbaine et à libérer les emprises du domaine public. Ils interviennent également dans un contexte marqué par les instructions du procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, relatives à l’identification et au démantèlement des lieux susceptibles de favoriser des activités criminelles.
En attendant une éventuelle réponse des autorités, les personnes déguerpies disent craindre pour leur avenir, notamment en raison de leurs difficultés à trouver un logement et à poursuivre leurs activités quotidiennes.
Hassane Diallo, pour siaminfos.com
