C’est une histoire aussi tragique que terrifiante qui se déroule depuis quelques jours dans la préfecture de Mamou. Dimanche dernier, les habitants du village de Soydhè, dans la commune rurale de Poredaka, ont eu la macabre surprise de découvrir un nouveau-né abandonné en plein cimetière.
Alertés par les cris du nourrisson à l’aube, les villageois ont retrouvé le bébé, un garçon, encore relié par son cordon ombilical. Selon les premières constatations, sa mère aurait accouché seule, puis l’aurait déposé sur la terre froide du cimetière, juste après la naissance.
Rapidement prises en charge, les autorités locales ont été informées par Mariama Penda Baldé, directrice préfectorale de la femme, de la famille et des solidarités.
« C’est effectif : une dame a accouché dimanche dernier, puis a déposé le bébé dans le cimetière de Soydhè. La communauté a entendu ses cris à l’aube et l’a retrouvé. On m’a alertée, et l’enfant a été envoyé au centre de santé pour vérifier son état. Je rappelle que c’est même là-bas qu’ils ont réussi à le débarrasser du placenta », a expliqué la directrice.
Une famille s’est d’ailleurs proposée pour adopter le nourrisson, qui a été confié à ses soins dans un premier temps.
Mercredi 29 avril 2026, les services de sécurité sont parvenus à interpeller la mère. Déférée à la gendarmerie de Mamou pour audition, elle a été entendue puis confiée à la justice.
« Elle a relaté le déroulement des faits. Elle a accouché seule et a eu des complications. La justice me l’a confiée car elle était malade. Nous l’avons transportée à l’hôpital pour des soins », a précisé Mariama Penda Baldé.
Sur ordre des autorités judiciaires, la mère et l’enfant ont été réunis afin de permettre l’allaitement. « On nous a demandé de faire tout le nécessaire pour le bébé. Je suis donc actuellement avec la maman et le nourrisson chez moi », a-t-elle ajouté, soulignant que le bébé se porte aujourd’hui bien.
Pour conclure, la directrice préfectorale a lancé une vive exhortation aux filles et aux femmes de la région :
« L’appel que je lance, c’est d’opter pour la planification familiale afin d’éviter un enfant qu’on ne veut pas. Au lieu d’avoir un enfant qu’on jettera après, il faudrait qu’on se planifie. »
Une mise en garde qui résonne comme un plaidoyer pour la contraception et le soutien aux mères en détresse, afin qu’un tel drame ne se reproduise plus.
Labé Bachir Diallo pour siaminfos.com
