Face à la multiplication des échanges musicaux virulents, souvent émaillés d’attaques personnelles, l’Union des Radios et Télévisions Libres de Guinée (URTELGUI) rappelle fermement aux médias privés leurs responsabilités éditoriales et déontologiques.
Dans un communiqué publié ce dimanche, l’organisation interpelle promoteurs, directeurs généraux et responsables de programmes. En cause : la diffusion croissante de « clashs » qui, sous couvert de rivalité artistique, dérivent régulièrement vers l’injure, la diffamation et le mépris.
Pour l’URTELGUI, les radios et télévisions ne sauraient se réduire à des vitrines du divertissement. « Nous sommes des éducateurs de la société guinéenne », martèle le texte, qui insiste sur le rôle central de la musique dans la transmission de valeurs, notamment auprès des jeunes. L’instance rappelle que l’œuvre musicale, protégée par le droit d’auteur, ne saurait justifier des propos attentatoires à la dignité.
Et d’ajouter un rappel juridique : l’article 363 du Code pénal guinéen exclut clairement la diffamation et l’injure publique du champ des libertés artistiques. Une punchline insultante n’est donc pas une œuvre, mais un délit.
Face à ce constat, l’URTELGUI adresse des instructions claires à ses membres :
1. Censure systématique de tout morceau ou extrait contenant des attaques personnelles, des imputations diffamatoires ou des outrages envers des tiers, y compris leurs proches.
2. Contrôle éditorial renforcé en amont de la diffusion, afin que la course au « direct » ou au buzz n’occulte pas les obligations légales et déontologiques.
3. Exclusion des plateaux des artistes récurrents dans ces dérives, afin de ne pas légitimer, par leur présence, des comportements préjudiciables au public.
Le communiqué précise toutefois que le « clash » artistique, lorsqu’il demeure respectueux, intelligent et sans atteinte à l’honneur, conserve sa place dans le jeu culturel et l’économie musicale. Mais la ligne rouge, juridique et morale, ne saurait être franchie.
L’URTELGUI en appelle au « civisme et au professionnalisme » de l’ensemble des acteurs pour préserver la crédibilité des médias guinéens, protéger la jeunesse et se conformer à la loi. « Clashez, créez, amusez… mais gardez la loi et l’éthique comme votre beat de fond », conclut-elle.
Cette prise de position intervient alors que les réseaux sociaux et les antennes locales amplifient des rivalités souvent vécues comme des règlements de comptes publics, interrogeant sur les limites du divertissement et le devoir d’exemplarité des médias en Guinée.
Bah Mohamed pour Siaminfos.com
