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Orpaillage illégal : Morissanda Kouyaté dévoile les dessous des interpellations à Siguiri

La lutte contre l’orpaillage illégal en Guinée prend une nouvelle dimension diplomatique. Face aux ambassadeurs accrédités dans le pays, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr. Morissanda Kouyaté, est revenu sur les opérations menées contre l’exploitation clandestine de l’or, notamment dans la préfecture de Siguiri.

Au cours de cette rencontre organisée le jeudi 5 novembre 2026 à Conakry, le chef de la diplomatie guinéenne a expliqué les raisons de l’interdiction de ces activités et apporté des précisions sur le traitement réservé aux ressortissants étrangers interpellés sur les sites d’exploitation.

Selon les chiffres présentés par le ministre, la première vague d’interpellations a notamment concerné 249 ressortissants chinois et 409 Burkinabè. D’autres nationalités, parmi lesquelles des Maliens, des Ivoiriens, des Togolais, des Ghanéens et des Nigériens, figuraient également parmi les personnes arrêtées. Des Guinéens étaient aussi concernés par ces opérations.

Dr. Morissanda Kouyaté a expliqué que les autorités guinéennes avaient privilégié, dans un premier temps, la voie diplomatique pour le traitement de plusieurs dossiers. Il a notamment évoqué la remise de ressortissants étrangers à leurs représentations diplomatiques, en s’appuyant sur des documents présentés aux ambassadeurs.

À titre d’exemple, il a cité le cas de ressortissants maliens, dont 163 personnes remises au consul de l’ambassade du Mali le 14 juillet 2026. Ces personnes étaient notamment concernées par des procédures liées à l’exploitation minière illégale, à la dégradation de l’environnement et à l’exercice d’activités professionnelles sans autorisation, selon les explications du ministre.

Mais cette démarche n’aurait pas produit les résultats escomptés. Le ministre affirme que plusieurs personnes renvoyées sont revenues sur les sites aurifères de Siguiri au mois de septembre, parfois en grand nombre. Une situation qu’il considère comme une mauvaise interprétation de la volonté des autorités guinéennes de privilégier le règlement diplomatique.

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Pour justifier l’interdiction de l’orpaillage illégal, le ministre a également insisté sur ses conséquences environnementales et sécuritaires. Il a rappelé une mission effectuée à Siguiri à la demande du président de la République, Mamadi Doumbouya, au cours de laquelle il dit avoir constaté des dégâts importants liés aux activités d’exploitation.

Des machines auraient notamment contribué à la destruction du couvert végétal, tandis que des conséquences sur les populations et les animaux auraient également été relevées.

Le chef de la diplomatie a enfin rappelé que des textes réglementaires datant de 2015 encadraient déjà la lutte contre l’exploitation clandestine de l’or. Il a annoncé son intention de partager ces documents avec les représentants diplomatiques présents à la rencontre.

À travers cette sortie, le gouvernement entend ainsi expliquer aux partenaires étrangers les fondements de sa décision et rappeler que la lutte contre l’orpaillage illégal s’inscrit dans une démarche de protection des ressources naturelles et de respect des lois guinéennes.

Hassane Diallo, pour siaminfos.com

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