Mortalité maternelle à Tougué : une femme et son bébé décèdent après un long calvaire dû au manque d’infrastructures sanitaires
La préfecture de Tougué, dans la région de Labé, reste à ce jour confrontée à la mortalité maternelle. Rouguiatou Bah, une femme mariée originaire du secteur de Bagata, district de Dirè Yengueya dans la commune rurale de Fello Koundoua, est décédée ce lundi 19 janvier 2026 dans des circonstances douloureuses, alors qu’elle était en fin de grossesse.
Selon nos informations, la victime, en état de grossesse avancée, aurait été prise en charge dans un premier temps à Bagata, avant d’être évacuée sur Labé où elle a finalement rendu l’âme, ainsi que le bébé qu’elle portait.
Sur le calvaire qu’elle a traversé, Younoussa Barry, un proche de la défunte, a relaté : « La femme du nom de Rouguiatou Bah était en état de famille et s’apprêtait à donner naissance. Ils ont fait appel au docteur en service dans notre localité qui s’est occupé d’elle durant deux jours. Vu qu’il n’était pas en mesure de gérer la situation, ils ont décidé que la dame soit transportée à bord d’une moto jusqu’à Dounkita, où l’ambulance devrait venir la prendre. Malheureusement, entre Bagata et Dounkita, il y a une distance de 75 kilomètres. Quand elle est arrivée à Balaga, il a fallu augmenter la somme pour que l’ambulance puisse venir la récupérer. Il était convenu de payer 1 200 000 francs guinéens pour que l’ambulance assure le trajet entre Dounkita et Tougué. Vu qu’elle était épuisée et ne pouvait plus aller au-delà de Balaga, ils nous ont demandé d’ajouter 300 000 gnf. Arrivée à Tougué, elle avait perdu assez de sang ; les médecins ont sollicité qu’elle soit évacuée sur Labé. »
Poursuivant, notre interlocuteur indique qu’il a été dans l’obligation d’ajouter un montant de 586 000 gnf pour assurer son déplacement vers Labé. Malheureusement, Rouguiatou Bah, admise au bloc opératoire dans l’après-midi de ce lundi 19 janvier 2026, n’a pas survécu, pas plus que le bébé qu’elle portait. « Nous étions obligés de payer 586 000 FG pour assurer son déplacement. À son arrivée, elle a été admise au bloc opératoire et, de notre côté, nous nous sommes mis à chercher les produits prescrits par les médecins. Après l’opération, le bébé était déjà décédé et elle aussi a rendu l’âme. Imaginez une femme en grossesse avancée sur une moto, sur cette distance qui va de chez nous jusqu’à Labé. Nous n’avons pas de centre de santé et c’est un seul médecin qui gère tous ces secteurs. Si vous avez un malade, il faut l’appeler au téléphone et c’est vous qui payez ses frais de déplacement. Il ne peut même pas vous hospitaliser à Bagata parce que nous ne disposons pas d’un poste de santé », a-t-il ajouté.
Aux dernières nouvelles, la victime a été inhumée dans la soirée de ce lundi 19 janvier 2026 au cimetière de Konkola.
Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com
