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Viande à 60 000 gnf le kg à Labé : le gouverneur tranche pour sortir de la crise

Face à une pénurie persistante et à la grogne des bouchers, le gouverneur de la région administrative de Labé, le général Boundouka Condé, a autorisé la vente du kilogramme de viande à 60 000 francs guinéens. Une décision prise jeudi 20 août, après l’examen d’un mémorandum remis par les professionnels du secteur, et qui marque un tournant dans la crise qui secoue la cité du Fouta depuis plusieurs semaines.

Cette mesure, officialisée après une série de concertations entre la préfecture, la commune et les notabilités, met fin à une situation de blocage qui privait les populations de viande fraîche et plongeait les bouchers dans des difficultés financières alarmantes. Interrogé, le gouverneur Boundouka Condé justifie ce choix par un faisceau de contraintes économiques et logistiques auxquelles sont confrontés les acteurs de la filière.

« Effectivement, c’est vu tout ce qui s’est passé que la préfecture a invité la commune, la notabilité et tous les éléments qui rentrent en compte dans cette affaire de boucherie à une rencontre », a-t-il expliqué. Avant d’ajouter : « Nous avons vu que les gens qui font l’abattage, ce n’est pas pour eux les bœufs. Ils achètent loin et il y a plusieurs transactions avant d’arriver à leur niveau. Ils achètent des bœufs, par exemple, à 9 000 000, voire 10 000 000 gnf, pour le revendre à 5 000 000 gnf. Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui endettés. »

Le gouverneur confie avoir tenté de négocier un prix plus bas, autour de 55 000 FG, mais s’est heurté à la réalité du terrain. « J’avais voulu négocier auprès des bouchers pour ramener à 55 000 FG le kilogramme, mais pratiquement j’ai vu que cela allait être difficile. Il y a trop de péages sur le tronçon de ces bœufs, et à chaque péage ils doivent payer quelque chose. » Face à ce constat, il a préféré céder à la demande des professionnels pour éviter une prolifération des abattages clandestins et une aggravation de la pénurie. « Vouloir entretenir ce blocage, ils vont abattre clandestinement. Donc, on s’est entendu pour laisser le prix à 60 000 gnf. »

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Au-delà de la fixation du prix, le gouverneur a obtenu des bouchers l’engagement d’assurer un service de qualité. « J’ai demandé par la suite aux bouchers, qui m’ont dit qu’ils vont faire le travail comme il se doit une fois ce prix arrêté. Je leur ai dit que je suis d’accord. »

La réouverture effective des boucheries est désormais entre les mains de la commune, chargée de mettre les infrastructures aux normes. « J’ai dit au maire d’aller informer les bouchers et autoriser la vente. Mais il m’a dit que cela allait prendre deux jours parce qu’il fallait revoir la location des kiosques à la boucherie, et mettre ces lieux dans des conditions d’hygiène convenables », a précisé le général Condé, soulignant l’urgence sociale : « Il me faut parce que la population souffre et les bouchers souffrent. Donc nous avons pensé aux difficultés des bouchers pour accorder cette porte de sortie. »

Par ailleurs, le gouverneur annonce une initiative plus large : une rencontre régionale pour traiter en profondeur les problèmes structurels de la filière. « J’ai décidé de projeter une rencontre régionale parce que la viande ne quitte pas seulement à Labé, elle part dans les autres préfectures et il y a toute une armada de personnes qui sont derrière cela. Il faut les convier à une rencontre et débattre de la situation. » Et d’avertir : « Si on ne s’entend pas, on va émettre un blocage par rapport au voyage de nos bœufs. Ils ne vont pas quitter et aller chercher chère chez d’autres personnes, quelles que soient les conditions. »

En attendant, les habitants de Labé espèrent retrouver prochainement de la viande dans leurs assiettes, tandis que les bouchers, soulagés par cette décision, s’apprêtent à rouvrir leurs étals, sous le regard vigilant des autorités.

Labé, Bachir Diallo pour siaminfos.com

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