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VISAS SCHENGEN: LE DURCISSEMENT DU DÉLAI À 45 JOURS MET À RUDE ÉPREUVE LES GUINÉENS ET LES RELATIONS GUINÉE-UE

 

C’est une décision qui a changé le quotidien de milliers de demandeurs. Depuis le 20 juillet 2026, obtenir un visa Schengen pour un ressortissant guinéen est devenu un véritable parcours du combattant.

En cause, la Décision d’exécution (UE) 2026/1733 du Conseil de l’Union Européenne adoptée le 10 juillet 2026, qui active l’article 25 bis du Code communautaire des visas.

Ce qui a changé:
Le délai de traitement passe de 15 à 45 jours calendaires, la fin des visas à entrées multiples, la fin des exemptions pour les passeports diplomatiques et de service, et un examen beaucoup plus rigoureux des dossiers. Bruxelles justifie cette mesure temporaire par une « coopération insuffisante de la Guinée en matière de réadmission ».

Sur le terrain, l’inquiétude est grande. Et les conséquences sont déjà visibles.

Des citoyens entre inquiétude et désarroi

Rencontrés à Conakry, plusieurs demandeurs expriment leur incompréhension et lancent un appel à une solution rapide.

Pour Alpha Sow, commerçant* habitué à s’approvisionner en Turquie et en Europe, c’est toute son activité qui est menacée:

« Avant, en deux semaines on avait notre visa. Maintenant on nous dit 45 jours, et encore sans garantie. J’ai perdu deux conteneurs le mois dernier parce que je n’ai pas pu voyager à temps. On demande aux autorités des deux côtés de s’entendre, nous les petits commerçants on souffre beaucoup. »

Même son de cloche chez les étudiants. Oumar Keïta, étudiant admis dans une université en France, craint de voir son année blanche:

« J’ai obtenu mon admission depuis juin, mon université commence fin septembre, mais mon dossier est bloqué depuis plus d’un mois. Le taux de refus a beaucoup augmenté. On nous demande des papiers qu’on ne demandait pas avant. C’est décourageant. On espère vraiment que cette incompréhension entre la Guinée et l’Union européenne sera vite réglée. »

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Enfin, Fanta Oularé, femme d’affaires dans l’événementiel, dénonce une double peine:

« Je voyage au moins trois fois par an pour mon travail. On nous refuse maintenant les visas à entrées multiples. À chaque fois il faut recommencer tout le processus, payer, attendre 45 jours. C’est une perte de temps et d’argent énorme. Nous appelons au dialogue, car ce sont les citoyens honnêtes qui paient le prix fort. »

Une riposte qui pénalise tout le monde

En application du principe de réciprocité, Conakry a répliqué dès le 1er août 2026: 45 jours de délai également pour les Européens, visa à 100 dollars et suspension des visas de courtoisie. Une escalade qui, selon plusieurs observateurs, ne profite à personne.

Aujourd’hui, l’urgence est à la désescalade. Il est impératif que les autorités guinéennes et européennes privilégient une solution concertée, équilibrée et rapide, qui préserve à la fois les impératifs de gestion migratoire et le droit légitime à la mobilité.

La mobilité est un pont, pas une arme.

A16, pour siaminfos.com

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