C’est une révélation qui met le monde syndical guinéen en ébullition. Interrogé ce vendredi 1er mai 2026 sur les raisons du départ de son syndicat de l’USTG, le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE), Michel Pépé Balamou, a livré un constat sans détour : « Au sein de l’USTG, tout est centré sur le SLECG. »
Le SNE a pris ses distances depuis plusieurs mois avec l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), une centrale à laquelle il était pourtant affilié depuis sa création en 2018. Ce vendredi, son secrétaire général a enfin accepté de lever le voile sur les motifs de cette séparation, qu’il veut clairs et assumés.
« Les raisons sont simples. Au sein de l’USTG, tout est centré sur le SLECG. Une centrale syndicale est normalement composée de fédérations et de syndicats nationaux. Or, au bureau exécutif de l’USTG, on compte 12 membres du SLECG sur 27. De plus, deux secrétariats généraux adjoints – Aboubacar Soumah et Kadiatou Bah – sont issus du SLECG, alors que l’USTG regroupe dix fédérations et syndicats nationaux », a-t-il détaillé.
Face à ce déséquilibre, qu’il juge contraire aux aspirations de son organisation, la décision de faire cavalier seul a été prise à l’unanimité.
« Nous, nous osons dire haut ce que d’autres murmurent tout bas. Au SNE, nous n’avions que deux places. Malgré mon statut, j’étais simplement deuxième secrétaire général adjoint chargé de la formation. Aboubacar Diesto Camara occupait le même poste. Nous n’étions que des adjoints. Pendant ce temps, le SLECG compte 12 personnes à la direction : un deuxième secrétaire général adjoint (Aboubacar Soumah), une troisième secrétaire générale adjointe (Kadiatou Bah), et dix autres membres. »
Michel Pépé Balamou a également dénoncé l’emprise du SLECG sur les antennes locales de l’USTG.
« Dans toutes les préfectures, les représentants de l’USTG sont systématiquement ceux du SLECG. C’est ce qu’on appelle l’union préfectorale. Normalement, celle-ci devrait rassembler toutes les fédérations. Mais lors des congrès, ce sont uniquement les éléments du SLECG qui votent. Quand vous n’avez pas un seul congressiste, ni dans les 13 communes ni dans les 33 préfectures, vous êtes là-bas pour faire de la figuration. Nous avons donc estimé qu’il valait mieux évoluer seuls que d’appartenir à une centrale pour la forme », a-t-il conclu.
Cheick Fantamadi pour Siaminfos.com
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