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CRIEF : Peine réduite en appel pour Kassory Fofana, mais la condamnation pour enrichissement illicite est confirmée

L’ancien Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a vu sa peine d’emprisonnement réduite ce jeudi 2 juillet par la Chambre des appels de la CRIEF. Si la relaxe au chef de détournement de deniers publics a été prononcée, la Cour a maintenu sa culpabilité pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, assortissant sa décision de lourdes sanctions financières.

C’est un épilogue judiciaire très attendu qui s’est joué ce jeudi 2 juillet devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Saisie en appel par l’ancien chef du gouvernement Ibrahima Kassory Fofana, la Chambre des appels a rendu sa décision. Elle a partiellement infirmé le jugement rendu en première instance en février 2025.

Si la Cour n’a pas annulé le principe de la culpabilité, elle a en revanche considérablement allégé la peine privative de liberté. Condamné en première instance à cinq ans d’emprisonnement, Dr Kassory Fofana écope désormais d’une peine de trois ans et neuf mois de prison. Une évolution notable qui marque une prise en compte partielle des arguments de la défense.

L’un des tournants majeurs de ce procès en appel réside dans la requalification des faits. Les magistrats ont en effet déclaré l’ancien Premier ministre non coupable de détournement de deniers publics. En revanche, ils ont confirmé sa responsabilité pénale pour les chefs d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Cette distinction, bien que technique, modifie le fondement juridique de la condamnation.

Sur le volet financier, la décision est contrastée. L’amende de deux milliards de francs guinéens prononcée en première instance a été maintenue. Mais la Cour est allée plus loin en ordonnant la confiscation des fonds déposés sur le compte « Épargne à vie » de l’ancien Premier ministre, domicilié à VISTAGUI SA. Ces avoirs sont désormais dévolus à l’État guinéen et leur gestion a été confiée à l’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC).

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S’agissant des intérêts civils, l’État guinéen, qui s’était constitué partie civile, a obtenu gain de cause. Dr Kassory Fofana a été condamné à lui verser la somme de trois milliards de francs guinéens au titre des préjudices retenus par la Cour.

Enfin, la Chambre des appels a ordonné la publication de la décision au Journal officiel, aux frais du condamné, une mesure symbolique forte dans ce type de contentieux.

Lors de la précédente audience, le parquet général avait requis une peine de cinq ans de prison contre l’ancien Premier ministre. La partie civile, quant à elle, avait estimé que l’appel interjeté était abusif et avait sollicité une condamnation au paiement de 20 milliards de francs guinéens, bien au-delà des trois milliards finalement accordés.

Pour rappel, en février 2025, la chambre de jugement de la CRIEF avait reconnu Dr Ibrahima Kassory Fofana coupable de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Il avait alors été condamné à cinq ans d’emprisonnement, une amende de deux milliards de francs guinéens, ainsi qu’au paiement de 15 milliards de francs guinéens à titre principal et de trois milliards de francs guinéens de dommages et intérêts en faveur de l’État.

La décision de ce jeudi, bien que réduisant la peine de prison, confirme ainsi la lourde responsabilité financière de l’ancien chef du gouvernement dans ce dossier sensible qui aura marqué une bonne partie des Guinéens.

Bah Mohamed pour Siaminfos.com

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