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Électricité: Où va l’argent de notre courant vendu à Dakar, Banjul et Bissau ? La question qui fâche d’Ousmane Kaba

Édito par A16

C’est la question à 2 500 milliards qui n’était inscrite nulle part dans le budget. Et c’est Dr Ousmane Kaba qui l’a posée.

Samedi 31 octobre 2026, à l’Assemblée nationale, lors de l’examen du volet recettes de la Loi de Finances Rectificative 2026, le député du PADES a lâché une bombe:

« Où sont les recettes d’exportation de l’électricité de Guinée ? La Guinée n’exporte pas seulement la bauxite. Elle est un grand exportateur d’électricité au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau. »

Le pays qui n’arrive pas à éclairer Kaloum, qui fait tourner ses groupes électrogènes à Matoto et qui voit ses usines s’arrêter, vendrait son courant à trois capitales étrangères. Le paradoxe est total. Et il est assumé.

Ce que l’on sait désormais

Interpellé dans les couloirs selon Ousmane Kaba, le ministre de l’Énergie Laye Sékou aurait répondu: _On a hérité de ces accords. C’est la 5ème République qui a hérité. »_ Réponse qui a fait bondir l’élu: _ »Il y a beaucoup d’accords qu’on a pu casser. Pourquoi pas celui-là ?

La ministre de l’Économie, Mariama Ciré Sylla, a tenté d’éteindre l’incendie. Pour elle, il ne s’agit pas d’une vente sèche, mais d’un « système de partage de connexion » via les lignes OMVG de 1 677 km à 225 kV qui relient les 4 pays. Le jour, la Senelec vend son surplus solaire à la Guinée. La nuit, la Guinée vend son hydroélectricité de Kaléta et Souapiti au Sénégal. Les comptes se compensent chaque trimestre.

Elle reconnaît deux choses capitales:
1. Il y a des arriérés de paiement des deux côtés. La Guinée doit de l’argent à la Senelec, et inversement.
2. Les recettes servent _ »majoritairement à l’entretien des centrales de l’EDG »

Mme la Ministre vient de nous dire, sans peut-être le vouloir, que l’argent de l’exportation de notre électricité ne rentre pas dans le Trésor public. Il reste dans les caisses de l’EDG.

Or, c’est là que le bât blesse. L’EDG est une société qui, selon le rapport du Djely publié ce même 31 octobre, doit elle-même plus de 2 500 milliards GNF de dividendes bloqués à Kaléta et Souapiti  parce qu’elle ne paie pas ses factures. Comment une entreprise en faillite technique peut-elle gérer des recettes d’exportation en toute opacité ?

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Ousmane Kaba, ancien Ministre de l’Économie, a mis le doigt sur trois failles de gouvernance:

1. Le défaut de transparence budgétaire. Aucune ligne budgétaire « Recettes d’exportation d’électricité » n’existe dans  la LFR 2026. Le Parlement vote un budget à 60 000 milliards GNF sans savoir combien rapporte l’OMVG.

2. La vérité de l’héritage. On ne peut pas dire « on a hérité » quand on a renégocié les contrats miniers, les contrats portuaires et les contrats routiers. Si ces accords sont mauvais pour la Guinée, il faut les publier et les renégocier.

3. Le paradoxe énergétique. On nous explique que la Guinée importe du courant sénégalais le jour parce que son parc est vieillissant. Mais alors pourquoi exporter la nuit ? La vérité est que nous n’avons pas de réserve. Et vendre notre seule réserve hydroélectrique à l’étranger quand nos propres ménages sont dans le noir est une faute stratégique.

La demande est simple et légitime: que le Gouvernement publie.

Publiez les volumes exportés chaque mois.
Publiez les volumes importés.
Publiez les prix de vente et les arriérés.
Publiez les contrats OMVG.

Le Sénégal, lui, commence à le faire. Son DG de la Senelec a reconnu que ces échanges ne remplacent pas un parc national solide.

L’électricité n’est pas une faveur diplomatique. C’est une marchandise stratégique qui a été payée par la dette publique guinéenne. Kaléta a coûté 446 millions de dollars. Souapiti, 1,3 milliard. Ce sont les Guinéens qui remboursent. Ils ont le droit de savoir où va la recette.

Dr Kaba a posé la bonne question. Maintenant, on attend les factures.
A16, pour Siaminfos.com

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