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Marché de Limaniya : des propriétaires de boutiques inquiets face à l’évacuation annoncée de leurs locaux

Au marché de Limaniya, situé dans la commune de Tombolia, le long de la Transversale T6, des propriétaires de boutiques expriment leur inquiétude face à une opération de libération de certains espaces commerciaux. Selon leurs témoignages, elles auraient été informées de l’obligation de vider leurs boutiques dans un délai de 72 heures. Une situation qui suscite incompréhension et inquiétude chez les personnes concernées.

 

Parmi elles, Diallo Issatou Bella affirme ne disposer d’aucune information précise sur les dispositions envisagées par les autorités. Elle dit notamment ne pas avoir reçu de document lui permettant de connaître les modalités de cette opération, ni les éventuelles mesures d’indemnisation ou de relogement.

« On nous a parlé de la construction d’une boucherie moderne et demandé de vider nos boutiques dans un délai de 72 heures. Mais aucun document ne nous a été présenté pour nous expliquer ce que l’État prévoit pour nous. Nous voulons simplement connaître les décisions prises et les solutions envisagées. Nous ne pouvons pas perdre nos magasins et nos biens sans explication », déplore-t-elle.

La propriétaire affirme également que les détenteurs des boutiques n’auraient pas été directement associés aux échanges. D’après elle, les lettres auraient été remises aux locataires, qui les ont ensuite informés de la décision. Elle estime qu’une concertation préalable aurait permis d’éviter les tensions.

Une autre propriétaire de boutique dénonce, elle aussi, la manière dont la demande de libération des lieux aurait été exécutée. Elle affirme que le chef de secteur est venu leur demander de quitter leurs espaces commerciaux sans qu’aucune solution concrète ne leur soit proposée.

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« Ces boutiques nous appartiennent. Nous ne savons même pas où aller. Jusqu’à présent, aucune explication ne nous a été donnée concernant un éventuel remboursement ou une indemnisation. Si les choses avaient été faites dans le dialogue, nous aurions pu comprendre. Mais venir nous demander brusquement de quitter nos propres boutiques, sans explication, c’est difficile à accepter », témoigne-t-elle.

Selon cette propriétaire, une dizaine à une quinzaine de boutiques seraient concernées dans la partie visée. Pour ces femmes, ces espaces représentent bien plus que de simples locaux commerciaux : ils constituent une source de revenus essentielle pour leurs familles. Diallo Issatou Bella évoque également les conséquences de cette situation sur ses proches, dont les parents seraient actuellement hospitalisés après avoir été profondément affectés par l’annonce.

Face à cette situation, les propriétaires de boutiques lancent un appel aux autorités guinéennes, notamment au président de la République, Mamadi Doumbouya, et au procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright. Elles réclament des explications claires, un dialogue avec les personnes concernées et des garanties sur le devenir de leurs biens avant toute évacuation.

Pour l’heure, les propriétaires espèrent qu’une démarche de concertation permettra de trouver une issue à cette situation.

Moussa Camara, pour siaminfos.com

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